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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Festa, Egidio & Reeves, Hubert

Festa, Egidio & Reeves, Hubert

Festa, Egidio: historien des sciences, spécialiste de Galilée

Reeves, Hubert: astrophysicien, directeur de recherche au CNRS

Un troisième intervenant, présenté comme professeur de physique à l'université Paris XI (prénommé Bernard, nom déformé dans la transcription), commente Descartes et Kepler ; des textes (abjuration, lettres de Galilée et de Descartes, sentence de 1633, discours de Jean-Paul II) sont lus par des comédiens, et une productrice non nommée assure la narration.

GALILÉE (1564-1642) – Une vie, une œuvre [1986]

Rien ne veut rien dire · Mar 28, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne, dates souvent déformées.

Core ideas

L'émission s'ouvre sur l'abjuration de Galilée devant l'Inquisition à Santa Maria sopra Minerva, le 22 juin 1633, puis suit ses échos. Descartes, apprenant la condamnation, renonce à publier son Traité du monde, dont tous les fondements supposent le mouvement de la Terre. Il faut attendre 1757 pour que l'Index lève l'interdiction des livres héliocentriques, et 1979 pour que Jean-Paul II évoque publiquement Galilée. Le physicien de Paris XI estime que la science a progressé malgré la condamnation, mais que son centre de gravité s'est déplacé, après Giordano Bruno et Galilée, vers l'Europe du Nord, où culmine la révolution scientifique avec Newton.

La vie de Galilée est retracée : né à Pise en 1564, il découvre à 19 ans les mathématiques comme instrument rigoureux de connaissance de la nature. Il enseigne à Pise, puis passe à Padoue, sous la protection de Venise, dix-huit années qu'il jugera les plus belles de sa vie. Egidio Festa explique qu'il les doit à la liberté de pensée vénitienne et à des échanges même avec des aristotéliciens comme Cremonini. En 1610, il accepte l'offre de Cosme II de Médicis de devenir premier mathématicien et philosophe du grand-duc. Ce choix le libère de l'enseignement et lui assure surtout l'appui d'une famille catholique influente à Rome. Avec la lunette, dont il n'est pas l'inventeur mais qu'il perfectionne et tourne vers le ciel, il découvre les satellites de Jupiter, qu'il dédie aux Médicis dans le Sidereus Nuncius, puis les phases de Vénus et les taches solaires. Les astronomes jésuites du Collège romain confirment ses observations à la demande de Bellarmin.

Hubert Reeves dégage trois apports. D'abord la relativité du mouvement : il n'y a ni repos ni mouvement absolus, si bien que demander si la Terre tourne autour du Soleil ou l'inverse relève d'une convention de référentiel. Ensuite, la mathématisation de la nature, que résume la formule de L'Essayeur sur le livre de l'univers écrit en langage mathématique. Enfin, la naissance de l'astrophysique : ciel et Terre obéissent aux mêmes lois, et la Terre devient un corps céleste, un « vaisseau spatial ». Il explique la différence entre le géocentrisme à épicycles et le système copernicien, plus simple, longtemps resté l'affaire d'un petit cercle d'érudits. Il montre aussi comment l'égalité constatée par Galilée entre masse pesante et masse inerte (chute des corps) deviendra la question d'où Einstein tirera la relativité générale, et cite ses intuitions sur les lois d'échelle.

Festa décrit le drame qui se noue à partir de 1613. Catholique convaincu, Galilée veut convertir l'Église de l'intérieur à la nouvelle science, en séparant le langage de l'Écriture, adapté à l'entendement commun, de celui d'une nature immuable qu'il faut lire mathématiquement (lettres à Castelli et à Christine de Lorraine). Dénoncé par des dominicains, il défend Copernic avec une virulence qui lui fait des ennemis, et avance une preuve erronée par les marées. En 1616, les qualificateurs déclarent l'héliocentrisme hérétique, le livre de Copernic est suspendu et Bellarmin notifie à Galilée l'interdiction de défendre la doctrine. Le physicien juge que Kepler avait raison de lui reprocher son bruit. Reeves répond que le débat oppose deux fonctions de la science, accroître le savoir et le diffuser. L'élection d'Urbain VIII, son ami Maffeo Barberini, relance ses espoirs. L'Essayeur contient une théorie corpusculaire des qualités sensibles, et l'émission présente l'hypothèse de l'historien Pietro Redondi : une dénonciation de cette théorie, jugée incompatible avec la doctrine eucharistique du concile de Trente, aurait été à l'origine du procès. Le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde (1632) met l'argument d'Urbain VIII sur la toute-puissance divine dans la bouche de Simplicio, l'aristotélicien. Saisi, le livre vaut à Galilée le procès, la sentence et l'abjuration de 1633, puis l'assignation à résidence à Arcetri, où, malade et presque aveugle, il continue de travailler. L'émission se clôt sur le vœu de Jean-Paul II, en 1983, d'un réexamen loyal de l'affaire.

Excerpts

Hubert Reeves sur la relativité du mouvement :

“galilée pour la première fois montre que le mouvement c'est conventionnel il n'y a pas de mouvements absolue il n'y a pas de repos absolu tout dépend d'eux où vous vous mettez pour observer par exemple vous pouvez dire quand vous êtes en gare mon train est en mouvement par rapport à la gare mais vous avez autant le droit de dire la gare est en mouvement par rapport à mon train et curieusement ce principe de relativité n'a pas vraiment pénétré même dans la pensée contemporaine”

Egidio Festa sur l'ambition de Galilée face à l'Église :

“il se voit lui de l'intérieur de l'église à la tête d'un mouvement de renouveau de la science qu'il considère fondamentale non seulement pour les savants spécialistes mais pour l'église elle même et s'il écrit en italien la plus grande partie des ouvrages de cette période c'est parce qu'il veut que des gens non spécialistes puissent les lire”

Galilée, L'Essayeur, lu dans l'émission :

“la philosophie est écrite dans ce livre immense continuellement ouvert devant nous je veux dire l'univers mais nous ne pouvons le lire que si nous avons appris la langue et les caractères avec lesquels il est écrit il est écrit en langage mathématique et les caractères sont des triangles des cercles et d'autres figures géométriques sans ses moyens il est impossible pour les hommes d'en comprendre un seul mot”