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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Bert, Jean-François & Taylan, Ferhat & Rueff, Martin

Bert, Jean-François & Taylan, Ferhat & Rueff, Martin

Bert, Jean-François: sociologue, animateur du Centre Michel Foucault, éditeur du Dialogue Raymond Aron - Michel Foucault

Taylan, Ferhat: doctorant en philosophie, coorganisateur d'un colloque « Kant et Foucault »

Rueff, Martin: philosophe, invité du journal d'Adèle Van Reeth

L'émission est animée par Raphaël Enthoven, qui ne se nomme pas à l'antenne. Elle fait entendre des archives : le dialogue radiophonique de 1967 entre Raymond Aron et Michel Foucault, une intervention de Foucault sur la « mort de l'homme » et un témoignage de Pierre Nora (2008). Des extraits des Mots et les choses sont lus par Jean-Louis Jacopin. Le journal final d'Adèle Van Reeth porte sur la pitié.

Michel Foucault (2/5) : Les Mots et les choses

Rien ne veut rien dire · Mar 26, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

L'émission s'ouvre sur la complicité inattendue entre Raymond Aron et Foucault, illustrée par l'invitation courtoise d'Aron à son séminaire et par leur dialogue de 1967 sur Montesquieu. Foucault y soutient que le XIXe siècle invente moins les sciences sociales que les sciences humaines, centrées sur la question « qu'est-ce que l'homme ? », alors que Montesquieu lisait le fait social sans elle. Jean-François Bert fait de Foucault un sociologue plus qu'un philosophe, héritier de l'épistémologie de Canguilhem. Ferhat Taylan le lit en philosophe, lecteur de Kant, dont l'Anthropologie inscrit dans la modernité l'ambiguïté de l'homme, à la fois sujet et objet de son savoir, entre empirique et transcendantal. L'animateur avoue n'avoir lu, comme beaucoup, que le début et la fin du livre de 1966. Taylan commente l'analyse des Ménines de Vélasquez : la représentation de la représentation classique, après l'âge de la ressemblance, avec une place vide, celle du roi, que Deleuze lisait comme la case vide du structuralisme et que la figure de l'homme viendra occuper.

Bert dégage trois ambitions : mettre au jour les réseaux anonymes du savoir et leurs discontinuités, refonder une histoire critique des sciences humaines, et affranchir la philosophie de l'humanisme, celui de Sartre, Camus ou Teilhard de Chardin. Il y voit un conflit de génération, aux côtés de Lévi-Strauss et d'Althusser. L'archive où Foucault annonce la « mort de l'homme » explique que les sciences humaines découvrent non un noyau humain mais des structures anonymes qui le dissolvent. Taylan distingue cette question de celle du sujet, auquel le dernier Foucault reviendra. Bert rappelle la dette envers Braudel et ses temporalités multiples, ainsi que le structuralisme comme méthode pour interroger une culture par ce qu'elle exclut. Interrogés sur l'apparente contradiction entre une histoire faite de ruptures entre épistémès et une pensée continue, les invités reconnaissent la difficulté d'expliquer le passage d'une épistémè à l'autre par un discours autonome. Foucault la corrigera en s'intéressant aux pratiques, dès L'Archéologie du savoir et Surveiller et punir.

Pierre Nora évoque le diagramme des savoirs imprimé à l'envers et un Foucault stratège, caustique et d'une méchanceté rare. À l'objection de Ferry et Renaut sur les droits de l'homme, Taylan répond que la « naissance de l'homme » désigne chez Foucault l'effet de la quatrième question kantienne sur les trois autres. Il comprend la mort de l'homme comme une invitation à désanthropologiser les sciences humaines, prolongée par Philippe Descola. Dans le dialogue de 1967, Foucault définit l'épistémè finissante par la revendication pour l'homme d'être à la fois sujet et objet du savoir. Les invités évoquent aussi les critiques sur un Foucault conservateur ou naturaliste, débat qui reste ouvert. L'émission se clôt sur la dernière page des Mots et les choses (« comme à la limite de la mer un visage de sable »). Dans le journal, Martin Rueff présente son séminaire sur l'histoire littéraire et philosophique de la pitié, sentiment aujourd'hui mal famé, pensé d'Aristote à Rousseau par des penseurs du théâtre.

Excerpts

Foucault, en archive, sur la dissolution de l'homme :

“les sciences humaines ne découvrent pas un secret intérieur à l'homme mais au contraire quelque chose un réseau fatal à l'intérieur duquel l'existence humaine se dissout c'est cette dissolution de l'homme par le savoir même que nous en prenons qui me paraît être le phénomène contemporain le plus caractéristique”

Ferhat Taylan sur l'homme comme effet du savoir :

“l'homme n'est pas cette instance permanente qui traverse l'histoire et dont on prend connaissance de manière progressive dans une sorte de temporalité linéaire mais il est l'effet moderne d'une certaine articulation des savoirs”

Jean-François Bert sur les ambitions du livre :

“il s'agit d'affranchir la philosophie de l'humanisme et ajoute Foucault même [des] humanistes mous et ils vise Sartre Saint-Exupéry [Camus] et [Teilhard] de Chardin ceux qui veulent dit-il parler de l'homme ou encore de l'homme et surtout de sa libération”