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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Pautrat, Bernard

Pautrat, Bernard

philosophe, maître de conférences à l'École normale supérieure, traducteur de l'Éthique de Spinoza aux éditions du Seuil

Ralentir travaux (3/5) : Bernard Pautrat, lire l'Éthique

Rien ne veut rien dire · Feb 2, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-neuf minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance, notamment dans les citations des propositions)

Core ideas

La joie de la démonstration. Pautrat dit qu'on ressent une joie à lire l'Éthique parce qu'on y comprend, et qu'on se transforme par la vérité découverte : le « tête-à-tête » avec une page de démonstration est un plaisir différent de celui d'une page de Stendhal, comme celui des Éléments d'Euclide. Pour montrer comment cela fonctionne, il commente la proposition IV, 50 : « la pitié, chez l'homme qui vit sous la conduite de la raison, est par soi mauvaise et inutile ». On en a fait le portrait d'un Spinoza méchant (« juif athée »), alors que la pitié est une tristesse (définition des affects) et que toute tristesse est mauvaise, sauf celle qui interrompt une joie excessive. L'homme raisonnable fait les actes de charité sans la tristesse de la pitié ; l'« inhumain » est celui qui n'a ni raison ni pitié.

Religion, piété, haine. Spinoza vit intensément ce qu'il appelle religion et piété : tout désir et toute action dont nous sommes la cause en tant que nous connaissons Dieu, c'est-à-dire la Nature. Celui qui comprend que tout suit de la nécessité divine ne trouve rien digne de haine, de rire ou de mépris, ni de pitié. La haine est une tristesse accompagnée de l'idée d'une cause extérieure (l'exemple du garçon de café qui a mal servi), et « la haine ne peut jamais être bonne » (IV, 45) ; la démonstration remonte la chaîne des propositions pour montrer le mécanisme (on s'efforce de détruire ce qu'on hait, on répond à la haine par la haine) et la manière de le bloquer par l'amour et la générosité. L'éthique devient une géométrie des affects qui offre aussi des « exercices spirituels », s'imaginer à l'avance la situation pour répondre à l'offense par la vérité, un viatique pour la vie en commun et la politique.

Spinoza vivant. Pautrat note la popularité de Spinoza et de l'Éthique dans les romans (Borges, poème « Spinoza », lu ; Singer, « Spinoza de la rue du Marché », où l'infini réconforte un homme chétif). Il lie le côté « planant » (troisième genre de connaissance, voir Dieu dans le garçon de café) au travail de démonstration (deuxième genre), et conclut que le désir est l'essence de l'homme, effort pour persévérer dans son être, et que « la béatitude n'est pas au bout du chemin, c'est le chemin lui-même ». L'émission rappelle son séminaire à l'ENS, qui lit l'Éthique proposition par proposition.

Excerpts

“« il y a de la joie à comprendre »”

“« la pitié dans l'homme qui vit sous la conduite de la raison et par soit mauvaise et inutile »”

“« la béatitude mes amis n'est pas au bout du chemin c'est le chemin lui même »”