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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Lapeyre, Claude & Lapeyre, René & Greilsamer, Laurent & Veyne, Paul & Vezin, Luc & Roux, Jean-Claude & d'Astier, Jérôme

Lapeyre, Claude & Lapeyre, René & Greilsamer, Laurent & Veyne, Paul & Vezin, Luc & Roux, Jean-Claude & d'Astier, Jérôme

Lapeyre, Claude: ami et compagnon de promenade de René Char

Lapeyre, René: amie de Char, épouse de Claude Lapeyre

Greilsamer, Laurent: journaliste, biographe de Char, auteur de L'Éclair au front

Veyne, Paul: historien de l'Antiquité, auteur de René Char en ses poèmes

Vezin, Luc: historien d'art

Roux, Jean-Claude: galeriste à L'Isle-sur-la-Sorgue

d'Astier, Jérôme: écrivain

On entend les voix d'archives d'Albert Camus (1948) et de René Char (1964). Des poèmes et textes de Char (Fureur et mystère, Feuillets d'Hypnos, La Parole en archipel, la lettre sur Jeanne d'Arc) sont lus par des comédiens. Plusieurs noms sont mal restitués dans la transcription et reconstitués d'après le générique.

Une Vie, une œuvre : René Char (1907-1988)

Rien ne veut rien dire · Jan 22, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

L'émission part des contraires qui structurent Char, « dynamite » et « douceur » selon Nicolas de Staël, fureur et mystère. Claude Lapeyre se souvient de leurs promenades d'hiver vers le Ventoux, avec la beauté d'en haut et la vallée du Rhône polluée en contrebas. Laurent Greilsamer explique le titre de sa biographie : l'éclair, cité par tous les témoins et par Saint-John Perse (« vous avez forcé l'éclair au nid »). Char est un homme de la nuit, que le « grandissime éclair » de la poésie a frappé à onze ou douze ans. Sa vie combine la réception passive de cet éclair et l'action violente. Fils du maire de L'Isle-sur-la-Sorgue, enrichi par les carrières de gypse, l'enfant est un « sauvageon » dont « l'aubépine en fleurs fut le premier alphabet ». Il en tire sa passion des minéraux et de l'alchimie (Paracelse). À la mort de son père, il se tourne vers les « transparents », vagabonds poètes, et les artisans et pêcheurs de la Sorgue, qu'il « adoube » en figures de son univers. Claude Lapeyre montre la Sorgue comme naissance de la poésie et partage du temps entre passé et avenir.

Greilsamer retrace l'entrée chez les surréalistes en 1929. Arsenal est envoyé à Éluard, mais le lien avec Aragon précède celui avec Éluard. Pendant trois ou quatre ans, Char est le « bras armé » de la révolte surréaliste, porté par sa colère contre sa mère, son frère et l'ordre bourgeois. Il évoque des amitiés fusionnelles, avec Éluard, Camus, Staël, mais aussi Francis Curel, fils du cantonnier, et la rencontre de Georgette Goldstein. Camus, en archive, voit les surréalistes comme les derniers à oser dire le mot « amour ». Char, politisé, voit venir l'Occupation. Fiché par Vichy, il crée des réseaux et devient le capitaine Alexandre, responsable des parachutages de la zone sud. Paul Veyne s'étonne de ce passage d'un poète à un « jeteur de bombes ». Il raconte Char vieillissant, accablé par le souvenir d'un traître qu'il avait fait fusiller, sa fidélité aux maquisards (Roger Bernard), le « cercle de la bougie » inspiré de Georges de La Tour et son refus de publier sous l'Occupation. René Lapeyre évoque un homme séducteur, « macho » de son époque mais qui aimait les femmes, et la beauté des poèmes de résistance.

Greilsamer présente la lettre sur Jeanne d'Arc à Pierre-André Benoît, devenue un poème en prose par hasard, car Char « écrit comme il respire ». Luc Vezin décrit les « alliés substantiels » : des manuscrits enluminés par Miró, Braque, Picasso, Brauner, Vieira da Silva, où le texte occupe souvent la « bonne page » pour obliger l'artiste à travailler sur la double page. Il les rapproche de l'enluminure médiévale et du clair-obscur de La Tour, dont Le Prisonnier accompagna Char dans la Résistance. Il évoque aussi Yvonne Zervos, à l'origine du Festival d'Avignon et de l'exposition des derniers Picasso. Jean-Claude Roux parle du peintre-paysan Robert Mus, et de Staël comme d'un « frère ». Jérôme d'Astier, rencontré à seize ans après la mort de son père, décrit un « orage en pantalon », un être nocturne bardé de défenses contre sa propre violence. Il pense que la paix revenue après la Résistance fut difficile pour lui. Char disait de d'Astier qu'il était « trop heureux pour faire une œuvre ».

Excerpts

René Char (lu) sur le grandissime éclair :

“j'avais 11 ou 12 ans quand ce que j'appelais le grandissime éclair est tombé sur moi pour la première fois plus rien à compter le jour n'éclaire pas seul existe la nuit et la clarté mais cette clarté vient de la nuit c'est le grandissime éclair”

Laurent Greilsamer sur les transparents :

“ces gens simples dans son esprit il va les adouber il va il va en faire des suserins il va en faire deè de très haut figure [...] chez ces hommes-là il reconnaît l'authenticité il reconnaît le pays qui est le sien mais il reconnaît surtout un paysage j'ai un univers poétique”

Paul Veyne sur Char et la mort d'un traître :

“j'ai vu cet homme à l'âge de 80 ans un soir complèt accablé je lui dis René que se passe-t-il il me dit ben bien je songe à ce type que j'ai fait fusiller le type qui avait fait fusierer était un jeune type qui était allé vendre à la guestapo des camarades de makqui”