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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Pichois, Claude

Pichois, Claude

éditeur de Baudelaire

Baudelaire à Paris (2/3) : Un marginal sous le règne du Roi bourgeois

Rien ne veut rien dire · Sep 2, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, très fautifs par endroits, avec des passages de lecture déformés)

Core ideas

Du Doyenné à l'île Saint-Louis : un dandy qui dilapide. L'émission suit Baudelaire dans le Paris d'avant Haussmann : le quartier du Doyenné près du Louvre (où logea Nerval, et dont le poème « Le Cygne », dédié à Hugo, garde le souvenir), puis l'hôtel Pimodan (Lauzun) sur l'île Saint-Louis, où il occupe en 1843 un appartement mansardé au troisième étage (accès par l'escalier de service), décrit par Asselineau et Banville (papier rouge et noir, lithographies de Delacroix). Rentré de son voyage de 1841-1842, majeur à vingt et un ans, il hérite d'environ cent mille francs, mais en dépense quarante-cinq mille en deux ans ; sa mère et son beau-père, le général Aupick, obtiennent en septembre 1844 un conseil judiciaire, ce qui le fait « redevenir mineur aux yeux de la loi » : la prodigalité du dandy est ressentie par la bourgeoisie comme un défi à l'ordre social.

Maître Ancelle, la lettre de 1845 et les archives. À l'étude du notaire Narcisse Ancelle, dont les héritiers conservent les archives, un intervenant prend sa défense : il a géré « centime par centime » la fortune du poète, l'a protégé des usuriers et s'est occupé de ses affaires jusqu'à sa mort, et Baudelaire lui a rendu justice à la fin. Pichois lit la lettre du 30 juin 1845 annonçant un suicide, en note l'indication d'Ancelle (« le testament n'a jamais existé ») et soutient que ce fut avant tout une tentative de suicide destinée à faire pression sur la mère et le général pour être débarrassé du conseil ; il évoque aussi la lettre de Vigny sur les Fleurs du Mal (1862), l'écriture de plus en plus maîtrisée du poète et ses volumes de Poe reliés.

Haschisch, Jeanne Duval, cafés, politique. Dans les salons de l'hôtel Pimodan, Pichois situe le club des haschischins et lit des extraits des Paradis artificiels ; il juge que le haschisch n'a été pour Baudelaire qu'une expérience limitée, comme une première cigarette, alors qu'il parle de l'opium, à travers De Quincey, plus nettement en son nom propre. Il évoque Jeanne Duval, rue de la Femme-sans-Tête, dont les origines restent obscures, puis les cafés (café Riche, Divan Le Peletier, etc.), où Baudelaire lit ses vers et dont les Goncourt laissent en 1857 un portrait peu amène. L'émission se termine sur les positions politiques du poète après 1848 (fraternel puis hostile à la démocratie), passage très fautif dans les sous-titres, et sur la remarque que les Fleurs du Mal ne sont pas « réactionnaires ».

Excerpts

“« la ruine volontaire du détenteur d'un capital est ressenti par la bourgeoisie comme un défi à l'ordre social »”

“« c'est là qu'il commence les fleurs du mal c'est la période la plus heureuse de sa vie »”

“« j'ai l'impression que le haschich a été pour lui un peu ce qui est parfois la première cigarette pour celui qui veut s'aventurer vers la tabagie qui ne va pas plus loin »”