MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Sibony, Daniel & Hassoun, Jacques & Haddad, Gérard & Haddad, Antonietta & Goldschmidt, Georges-Arthur & Le Rider, Jacques & Bourguignon, André & Roustang, François

Sibony, Daniel & Hassoun, Jacques & Haddad, Gérard & Haddad, Antonietta & Goldschmidt, Georges-Arthur & Le Rider, Jacques & Bourguignon, André & Roustang, François

Sibony, Daniel: psychanalyste

Hassoun, Jacques: psychanalyste

Haddad, Gérard: psychanalyste

Haddad, Antonietta: psychanalyste

Goldschmidt, Georges-Arthur: écrivain et traducteur

Le Rider, Jacques: germaniste

Bourguignon, André: psychiatre, codirecteur de la nouvelle traduction des œuvres complètes de Freud

Roustang, François: psychanalyste

La productrice (prénommée Cécile, nom incertain dans la transcription) n'intervient qu'en narration ; des textes de Freud, d'André Breton et de la correspondance Freud-Pfister sont lus par des comédiens. L'attribution de certains propos entre les intervenants est incertaine.

Une vie, une œuvre : Sigmund Freud (1856-1939)

Rien ne veut rien dire · Sep 29, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre.

Core ideas

Le documentaire s'ouvre sur ce qu'a de radicalement neuf le dispositif analytique : une personne qui, par sa parole, convoque une autre au lieu et au moment où elle en a besoin. Des analystes s'émerveillent de la lucidité des patients dès les premiers entretiens, comme s'ils connaissaient déjà « l'autre scène ». On entend le récit déçu d'André Breton rencontrant un Freud vieilli dans un modeste cabinet de quartier. Gérard et Antonietta Haddad racontent le rapport « amoureux » de Freud à l'Italie, où il voyagea plus de vingt fois et qui fonctionna comme un remède à ses abattements après la cocaïne. Ils y voient l'éveil d'une sensualité, dont témoigne l'analyse de la Gradiva de Jensen, et l'accès à un imaginaire que le judaïsme ne lui donnait pas : le symbolique hébraïque et l'imaginaire italien se rejoignent dans le Moïse de Michel-Ange, comme l'idéal talmudique d'une vérité qui habite la beauté. Ils évoquent aussi le rêve d'enfance de la mère portée par des personnages à tête d'oiseau, l'Égypte fantasmée de sa collection de statuettes et le dernier voyage en Italie avec sa fille Anna, après la première opération de son cancer.

La nouvelle traduction des œuvres complètes alimente un long débat entre André Bourguignon et Georges-Arthur Goldschmidt. Bourguignon défend le principe de rendre toujours un même mot allemand par le même mot français, pour suivre la « dérive sémantique » des concepts et la rhétorique de Freud, et des choix comme « souhait » pour Wunsch, « désaide » pour Hilflosigkeit ou « contrainte » plutôt qu'« obsession ». Goldschmidt, qui a découvert en allemand la limpidité d'une langue presque latine alors que les traductions françaises lui restaient incompréhensibles, craint un Freud trop cérébral, coupé de la tradition littéraire et de l'imaginaire, par exemple en traduisant Seele par « appareil » plutôt que par « âme ». François Roustang voit dans la psychanalyse une discipline au carrefour de la psychiatrie, de la sorcellerie et de la poésie, un espace de parole qui déconstruit les visions du monde au lieu d'en proposer une nouvelle.

Daniel Sibony décrit l'évolution de la clinique : l'hystérie, « langue maternelle de la névrose », qu'il reformule comme une femme en quête de l'autre femme qui aurait confisqué le féminin, et de « nouvelles perversions » qui s'accrochent à un acte décisif (toxicomanie, anorexie). Il y ajoute des pathologies de l'identité qui ne supportent pas d'être entamées et les comblent par la drogue, la secte ou l'idéologie. Un intervenant évoque la position de l'analyste, qui doit « cesser d'être soi » comme le comédien du Paradoxe de Diderot, et la découverte freudienne de la séparation radicale entre les pensées de l'analyste et celles de l'analysant. Jacques Hassoun et Gérard Haddad discutent le rapport entre psychanalyse et judaïsme : l'exil et le déplacement comme conditions d'une coupure théorique, le texte de 1925 où Freud lie la résistance à la psychanalyse à sa judéité, un Freud laïc, héritier des Lumières juives, qui affrontait son cancer avec l'humour du mot d'esprit juif.

Excerpts

Un intervenant sur la nouveauté du dispositif analytique :

“une personne l'analysant par sa parole il pouvoir de convoquer au place et au lieu et au temps où il en a besoin une autre l'analyste qui se laisse par la parole de l'analysant [...] se déplaçait d'une position psychique à une autre suivant les besoins du patient et ça c'est je crois une situation qui n'a pas son équivalent dans la culture”

Georges-Arthur Goldschmidt sur la langue de Freud :

“chaque fois que je voudrais froide en français je comprenais rien [...] dans une gare allemande j'ai acheté je ne sais plus de son banda [...] puis j'étais fasciné par la simplicité de la langue par sa souplesse par son élégance pour son naturel extraordinaire”

Daniel Sibony sur les pathologies de l'identité :

“syndrome d'identité il consiste à ne pas supporter d'avoir une identité entamée et donc à vouloir une anti une identité total quitte à remplir les manques avec de la drogue avec un rituel avec un passage à l'acte avec avec une une adhésion à une secte ou à une institution [...] or un niveau de maturité suffisant l'homme non seulement supporte que son identité soit mort seul est partagé mais il prend appui sur ce morcellement”