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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Vivanti, Corrado & Fournel, Jean-Louis & Zancarini, Jean-Claude & d'Allonnes, Myriam Revault

Vivanti, Corrado & Fournel, Jean-Louis & Zancarini, Jean-Claude & d'Allonnes, Myriam Revault

voix de documentaire : Corrado Vivanti, Jean-Louis Fournel, Jean-Claude Zancarini (traducteurs de Le Prince, PUF) et Myriam Revault d'Allonnes ; lectures de Machiavel (prologue de La Mandragore, Le Prince, L'Art de la guerre, lettres à Vettori)

NICOLAS MACHIAVEL (1469-1527) : Storico, comico e tragico – Une vie, une œuvre [2008]

Rien ne veut rien dire · May 7, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et l'italien)

Core ideas

Le secrétaire florentin. Le film replace Machiavel dans l'Italie bouleversée par l'invasion de Charles VIII (septembre 1494) : « une flamme, une peste » (Guichardin) qui change les États, les manières de les gouverner et de faire la guerre. Les Médicis sont chassés, et sous l'influence de Savonarole s'instaure une République au grand conseil très large. Machiavel entre à la chancellerie en 1498, après la mort de Savonarole, dont il était hostile, et passe quatorze ans en missions (France, papes, condottières, César Borgia à Senigallia, dont la manœuvre l'impressionne), écrivant des milliers de pages de lettres. En 1512, le retour des Médicis le chasse du pouvoir : poursuivi, torturé, exilé à la campagne, il écrit en 1513 (lettre à Vettori du 10 décembre : le jour à l'auberge, le soir « je revêts mes habits de cour » pour s'entretenir avec les anciens) Le Prince, puis les Discours sur la première décade de Tite-Live, L'Art de la guerre et des textes comiques (La Mandragore), jusqu'à sa mort en 1527 : « j'aime ma patrie plus que mon âme ».

Politique, vertu, fortune. Le Prince est le livre de la fondation politique (Italie unifiée et forte, violence qui fonde contre violence qui ruine), les Discours celui des institutions et de la durée républicaine ; il ne faut ni les opposer ni réduire Machiavel au « machiavélisme », diabolisation qui commence de son vivant (le cardinal Pole parle d'un livre « écrit par le doigt du diable »). Machiavel distingue morale privée et morale publique, et opère « une historicisation du bien et du mal » : le critère devient la réussite (la cruauté de César Borgia qui fait la paix en Romagne contre l'inertie des Florentins qui laissent Pistoia se déchirer) ; la virtù est une qualité virile de décision, la fortuna se maîtrise à moitié par l'adaptation à la « qualité des temps », comme un fleuve que l'on endigue pendant l'accalmie. Contre Savonarole, la nouveauté n'est plus un dessein de Dieu mais un rapport de forces ; le Moïse de la lecture « sensée » de la Bible tue des milliers de personnes pour fonder ses institutions.

L'armée, l'apparaître, le sourire. L'Art de la guerre (dialogue avec de jeunes républicains des jardins Oricellari) défend une armée du peuple plutôt que de mercenaires, et dénonce la responsabilité des princes dans la défaite de l'Italie. Revault d'Allonnes développe une théâtralité du politique : « la politique c'est le règne de l'apparaître alors je dis bien de l'apparaître et non pas de l'apparence » : le prince est en représentation et soumis au jugement de ses sujets, il vaut mieux qu'il soit reçu comme généreux que comme avare, et personne n'a à « sonder les reins et les cœurs ». Chaque texte de Machiavel est un texte d'intervention, une arme (« chacun des textes de macavelle est un texte d'intervention chacun des textes de macavelle est une arme ») ; la « dévoilement » qu'il opère peut servir autant les tyrans (Mussolini en a préfacé le Prince) que les gens doux. Le film s'achève sur la lettre de Guichardin en 1526 : Machiavel, venu en Romagne lever une milice, restera « pour rire des erreurs des hommes vu qu'il ne peut les corriger » : le sens de son sourire.

Excerpts

“« chacun des textes de macavelle est un texte d'intervention chacun des textes de macavelle est une arme »”

“« il y a une historicisation du bien et du mal »”

“« la politique c'est le règne de l'apparaître alors je dis bien de l'apparaître et non pas de l'apparence »”