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[Not Set]

Montage radiophonique sans invité : un commentaire rédigé par Marthe Robert et Arthur Adamov est dit par des récitants, et des lettres de Flaubert (à sa mère, à Louise Colet, à Élisa Schlésinger, à Louis Bouilhet, à Laure de Maupassant, à Mlle Leroyer de Chantepie, à George Sand) sont lues par Fernand Ledoux ; une brève citation de Pierre Bergounioux ouvre la rediffusion.

L'art et la vie de Gustave Flaubert (3/4) : Flaubert à travers sa correspondance

Rien ne veut rien dire · Dec 8, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Le commentaire part du paradoxe d'un écrivain qui voulait être dans son œuvre « comme Dieu dans l'univers, présent partout et visible nulle part », et qui se livre tout entier dans sa correspondance. Proust s'étonnait que le style des lettres soit si inférieur à celui des romans. Le commentaire y voit le relâchement nécessaire après une discipline acharnée, et surtout la marque d'une nature riche et généreuse : chaleur, bonhomie, mythologie d'amitié, et une stupéfaction juvénile résumée par le mot de saint Polycarpe, « Mon Dieu, dans quel siècle m'avez-vous fait naître ». La grandeur des lettres tient à l'orientation implacable de toute une vie vers l'art, choisie dès la jeunesse et jamais remise en cause, au prix d'une solitude que Kafka admirait.

Les lettres à sa mère, écrites au départ pour l'Orient, montrent une tendresse inquiète. Celle où il refuse le mariage, qu'il appelle une « apostasie », affirme que l'artiste est une « monstruosité » hors nature, et laisse entendre que l'amour filial est le seul qu'il se soit permis. Le commentaire se demande si Flaubert n'a pas aimé Élisa Schlésinger précisément parce qu'elle était inaccessible. Les lettres à Louise Colet trahissent l'ambiguïté de sa situation : une volonté de solitude qui ressemble à une peur de la femme, de l'amour et du bonheur, l'aveu d'un attrait pour la prostitution, et l'horreur affolée de la paternité quand Louise se croit enceinte. Le commentaire y voit le refus de la famille au profit de l'art, tout en rappelant l'immense sacrifice qu'il fera pour sa nièce. Sa fidélité aux amis morts, Alfred Le Poittevin dont il reporte l'affection sur le jeune Maupassant, et Louis Bouilhet, pour lequel il se battra afin d'obtenir une statue, révèle un attachement à un passé idéalisé.

Le commentaire analyse enfin la haine du « bourgeois », notion morale plus que sociale qui désigne la bassesse de la pensée et finit par s'identifier au XIXᵉ siècle tout entier. Il en dégage un aristocratisme de l'esprit, un refus de la démocratie et un pessimisme qui préfère tout état de choses en train de disparaître. Il note les contradictions de lettres de 1870-1871 où Flaubert juge l'invasion prussienne pire que la Commune et renvoie socialisme et catholicisme dos à dos pour leur dogmatisme. Il les rattache à sa formule « la bêtise consiste à vouloir conclure » et à son admiration pour Spinoza. Pour Flaubert, l'art tient lieu de femme, de famille et de foi, une sorte de « mysticisme esthétique ». Il distingue la vision poétique, joyeuse, de l'hallucination qui terrifie, et rêve d'un livre qui produirait l'effet d'un mur nu de l'Acropole par la seule harmonie de ses assemblages.

Excerpts

Le commentaire sur le paradoxe de la correspondance :

“plus il s'est retiré volontairement de ses livres qu'il voulait un personnel plus il s'est découvert dans sa correspondance comme s'il voulait se dédommager la du silence rigoureux dont il se faisait un devoir ailleurs dans toutes ses lettres en effet flaubert se livre tout entier”

Flaubert, lettre à sa mère, sur la vie d'artiste :

“il faut commencer rien que le rapport de l'hygiène par se mettre dans une position 1 en être pas la dupe du peindre à la vie l'amour les femmes la gloire à condition mon bonhomme que tu ne sera ni ivrogne amant ni mari ni toro mêlée à la vie on la voit mal on en souffre on n'en jouit trop l'artiste selon moi est une monstruosité quelque chose hors nature”

Flaubert, lettre sur la beauté d'un mur de l'Acropole :

“je me souviens d'avoir eu des battements de coeur d'avoir ressenti un plaisir violent en contemplant un mur de l'acropole un mur tout nu [...] eh bien je me demande si un livre indépendamment de ce qu'il dit ne peut pas produire le même effet dans la précision des assemblages la rareté des éléments le poly de la surface l'harmonie de l'ensemble”