MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Mallet, Robert & Thomas, Chantal & Cournot, Michel & Delvaille, Bernard & Lonsdale, Michael & Kopylov, Marc & Barthelet, Philippe

Mallet, Robert & Thomas, Chantal & Cournot, Michel & Delvaille, Bernard & Lonsdale, Michael & Kopylov, Marc & Barthelet, Philippe

Mallet, Robert: écrivain, éditeur des œuvres complètes de Larbaud

Thomas, Chantal: écrivaine

Cournot, Michel: écrivain et critique

Delvaille, Bernard: poète et critique

Lonsdale, Michael: comédien

Kopylov, Marc: éditeur

Barthelet, Philippe: écrivain

La bibliothécaire responsable du fonds Larbaud à Vichy (prénommée Monique, nom incertain) et des élèves de troisième d'un collège de Chantilly interviennent aussi ; des textes de Larbaud sont lus par des comédiens.

Une vie, une œuvre : Valery Larbaud (1881-1957), sous divers visages et paysages

Rien ne veut rien dire · Sep 9, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne ; l'attribution de certains propos est incertaine.

Core ideas

Michel Cournot évoque l'« incroyable ordinaire » de la voix de Larbaud, qui prend l'attention du lecteur sans jamais hausser le ton. Bernard Delvaille conseille de commencer par les poèmes d'A. O. Barnabooth, et voit en toute son œuvre, essais compris, une approche poétique et sensuelle des choses. Robert Mallet explique l'attribution des poèmes et du journal à un milliardaire imaginaire par la tutelle d'une mère autoritaire et par la dureté de certains passages contre les pauvres, qu'il fallait faire porter par un personnage. Il y voit plutôt une forme de dénégation de la caste bourgeoise dont Larbaud, héritier de la source Saint-Yorre et fils d'un père républicain, voulait se désolidariser, au point de refuser en colère qu'on republie certains poèmes. On évoque l'adolescent qui faisait de la propriété familiale un « duché » imaginaire du Bourbonnais, le voyageur qui s'installait à Chelsea ou au Portugal avec « son marchand de thé » plutôt que d'errer, et qui associait la campagne anglaise et la naissance du sonnet, un quartier de Londres et un quartier de Venise.

Les intervenants évoquent sa façon de découvrir les villes comme les femmes, par des itinéraires, les « petits mariages de marins » de ses liaisons, et la nouvelle « 200 chambres, 200 salles de bains », dont une lettre révèle l'arrière-plan d'un chantage. Un intervenant parle d'une « certaine perversité » sans connotation péjorative dans son goût de l'enfance. Chantal Thomas situe Larbaud entre Sade et Barthes : l'hédonisme et l'attention aux rituels du corps qui écrit, mais aussi une connaissance de la cruauté dans « Le Couperet », avec sa Justine « phénomène de malheur ». Elle admire dans Enfantines les amours d'enfants racontés comme une forme d'amour radicalement autre, sans prolongement possible, et la méconnaissance absolue entre adultes et enfants d'où naît la vocation d'écrire. Mallet commente une page longtemps écartée où Larbaud s'adresse à Dieu et avoue n'avoir aimé que les jouets et les rêveries. Des collégiens commentent la confrontation sociale de Devoirs de vacances et racontent leurs propres jeux de territoire.

Robert Mallet, qui l'a connu après son attaque de 1935, aphasique à Vichy puis à Valbois, raconte l'homme qui ne pouvait plus dire que quelques mots, dont « merveilleux » et « Bonsoir les choses d'ici-bas ». La bibliothécaire de Vichy décrit la bibliothèque de Larbaud, rangée par « domaines » linguistiques. Marc Kopylov présente le journal londonien de 1919, et Philippe Barthelet le traducteur selon Sous l'invocation de saint Jérôme : humilité, scrupule à se faire relire, traduction conçue comme un don et comme une conversation avec les « plus honnêtes gens des siècles passés », à la manière de Descartes. Un intervenant conclut sur la générosité d'un écrivain qui servait les autres autant que son œuvre.

Excerpts

Michel Cournot sur la voix de Larbaud :

“ce qui m'avait beaucoup touché est ce qui est d'ailleurs ç'a toujours été la même chose avec lui c'est ce qui c'est que c'est incroyable à quel point c'est même plus que simple ordinaire incroyablement ordinaire la manière de dons larbaud prend la tension dans tous les cas la mienne du lecteur”

Chantal Thomas sur les amours d'enfants dans Enfantines :

“une des beautés de enfantine c'est la manière dont la patient et raconter des patients qui naissent entre enfants entre jeunes filles ou entre jeune garçon [...] pas comme des formes atténuer ou comme des variantes d'amour aux adultes mais comme une forme radicalement autre de l'amour qui trouve jamais aucun prolongement et jamais aucun aucune solution”

Larbaud, Sous l'invocation de saint Jérôme, lu par Philippe Barthelet :

“maintenant votre ami peut lire ce poème ce livre que vous aimez ce n'est plus d'être close pour lui il en prend connaissance et c'est vous qui avez brisé les sauts c'est vous qui lui fait visiter ce palais [...] quel plaisir vos celui-là faire partager son bonheur à ceux qu'on aime”