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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Cazenave, Michel & Aurigemma, Luigi & Humbert, Élie & Solié, Pierre

Cazenave, Michel & Aurigemma, Luigi & Humbert, Élie & Solié, Pierre

Cazenave, Michel: écrivain, producteur à France Culture

Aurigemma, Luigi: psychanalyste jungien

Humbert, Élie: psychanalyste jungien

Solié, Pierre: psychanalyste jungien

Des extraits de Ma vie, souvenirs, rêves et pensées et d'autres textes de Jung sont lus par des comédiens.

CARL GUSTAV JUNG (1875-1961) – Une vie, une œuvre [1985]

Rien ne veut rien dire · Sep 29, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Michel Cazenave propose de dépasser les polémiques qui ont entouré Jung, « dauphin » puis dissident de Freud : Jung ne contredit pas tant Freud qu'il explore un autre inconscient, celui de l'âme. Pierre Solié retrace sa formation au Burghölzli auprès de Bleuler, sa Psychologie de la démence précoce (1907) qui applique aux schizophrènes la grille freudienne, puis son rôle de premier président de l'Association psychanalytique internationale et d'inventeur de l'analyse didactique. La clinique de la grande maladie mentale l'oblige pourtant à aller au-delà du refoulement. L'épisode du malade, un cordonnier qui ignorait tout du culte de Mithra et en reproduit le mythe dans son délire, le conduit à l'idée d'un inconscient plus profond et collectif. Solié y voit un délire qui relie le malade à une humanité qui a vécu de ce mythe pendant des millénaires.

Cazenave rappelle que Jung a eu très tôt l'intuition d'une divinité vivante, distincte du dieu mort des dogmes de son père pasteur, comme le montre la vision d'enfance de Dieu déféquant sur la cathédrale de Bâle, lue dans l'émission. Après la rupture avec Freud sur l'inceste et le sacrifice, Jung traverse de 1912 à 1916 une quasi-décompensation, « laisser advenir » l'inconscient tout en s'y confrontant, d'où naissent les mandalas, la figure de Philémon et les Sept sermons aux morts. Élie Humbert précise que l'archétype n'est pas une image héritée mais un schème dynamique inconscient, une disposition à des processus qui fonde l'espoir thérapeutique. Le sens n'existe pas déjà : il résulte de la confrontation entre le conscient et cette dynamique. Le soi apparaît comme centre inconscient qui guide la personne et conjonction des opposés, à la fois le plus personnel et un principe collectif. Cazenave le rapproche de l'Atman, du Tao, de Nicolas de Cues et de Jakob Böhme.

Luigi Aurigemma évoque la rencontre de Jung avec l'Orient, la parabole du faiseur de pluie taoïste rapportée par Richard Wilhelm, mais aussi ce qui l'en sépare : la nécessité de transformer la souffrance et non seulement de la comprendre, et la prise au sérieux du mal, que l'Occident a eu tort de réduire à une privation de bien. Il en tire la redécouverte de l'alchimie comme démarche de rédemption. Cazenave situe Jung dans la lignée romantique de Schelling et de Carus face à la lignée hégélienne qui mène à Lacan, et en dialogue avec Nietzsche sur la mort de Dieu. Humbert décrit l'âme, médiatrice entre corps et esprit, comme l'anima ou l'animus, le « sexe de l'autre en moi », et la rencontre sexuelle comme numineuse, contrairement à ceux qui disent qu'il n'y a pas de rapport sexuel. Solié, freudien dans sa pratique tant qu'il le peut, se dit jungien quand le cadre familial ne suffit plus à contenir la clinique. L'émission se clôt sur les visions de Jung près de la mort, et sur sa lettre où il dit que sans expérience du sacré, son œuvre ne peut avoir de sens.

Excerpts

Pierre Solié sur le malade qui revivait le mythe de Mithra :

“il fait le rapprochement il se dit mais c'est inconscient là que me dit ce malade [...] ça relève d'autres choses [...] l'inconscient de la névrose tel que le définit freud il est bien là mais il n'ya pas que celui là y'en a un autre plus profond plus lointain plus archaïques”

Élie Humbert sur l'archétype :

“il a fini par définir l'archétype comme une sorte de pattern inconscient c'est à dire comme un schème dynamique inconscients qui est préalable qui est une disposition à un processus [...] c'est ça qui fait que la dimension archétypique fonde l'espoir thérapeutique”

Élie Humbert sur le sens :

“le sens résulte d'une confrontation le sens résulte d'une élaboration le sens résulte d'une disposition inconsciente d'une dynamique inconsciente et de la façon dont le conscient la reçoit l'écoutent et la transforme [...] ce qui fait du sens pour moi c'est ce qui me laisse sur mes pieds vivent aiment en vivre face à la mort portant la conscience de mourir et adhérent à la vie”