Brunel, Pierre
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Core ideas
« Le Bateau ivre » : libération et nécessité. Après un texte de Nietzsche (Le Gai Savoir) qui s'ouvre sur l'embarquement et la rupture avec la terre, Brunel et l'animateur commentent « Le Bateau ivre » (1871), peut-être le plus beau poème de la langue. Les fleuves « laissent descendre où je voulais » : une liberté paradoxale, qui épouse la nécessité du courant. Le poème, de structure classique, a produit un effet immédiat à Paris, quand Rimbaud l'a lu à Verlaine et aux « vilains bonshommes ». Brunel rapproche les images baudelairiennes (la couleur verte, les « Phares », « Parfum exotique ») et le motif de l'enfant, qui l'amène à traiter l'objection d'un poème trop didactique ou allégorique : la mer n'est pas un artifice, le poème n'est pas sur la page, « le poème il est la vie ».
Visions, voyance et « Alchimie du verbe ». La nuit verte, les phosphores, les arcs-en-ciel tendus comme des brides sont des visions nées de l'imagination, mais aussi de l'hallucination des mots, que Rimbaud appellera l'« alchimie du verbe » : un langage qui fait dire aux mots ce qu'ils ne disent pas d'habitude. Brunel oppose les poèmes « Ophélie » et « Vénus anadyomène » (écrits à très peu de distance : le beau et le répugnant), et relève un mot historique, « pontons » : une trace de la répression de la Commune, qui rappelle le sentiment de Rimbaud après l'échec communard.
Un retour dérisoire : la flache. La fin retourne la tension : « je regrette l'Europe aux anciens parapets », le désir de la flache noire et froide où un enfant lâche un bateau frêle comme un papillon de mai. Le poème serait une explosion de liberté qui retombe en échec, mais « pas sans lendemain » : l'énergie pourra renaître (« Mouvement », les Illuminations). Dans le journal, Alain Renaut pose le paradoxe de la démocratie : les droits de l'individu étant premiers, comment fonder une éthique commune ? Il cite le sport (tricherie, dopage) et conteste une éthique réduite au « ne pas nuire » et au consentement (prostitution volontaire, lancer de nains).
Excerpts
“« le poème il est la vie le poème il est le monde »”
“« ce poème c'est une explosion une explosion de liberté libre de ce dont il rêve depuis longtemps »”
“« c'est un poème de la vomissure c'est un poème du dégoût »”