Sévérac, Pascal & Zarka, Samuel & Van Reeth, Adèle
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Core ideas
Raphaël Enthoven part du célèbre prologue où Spinoza, ayant reconnu la vanité des biens ordinaires, « résout » de chercher un bien véritable capable de procurer une joie éternelle. Comment le philosophe qui critique radicalement le libre arbitre et commence l'Éthique par Dieu peut-il dire « je » et « je décide » ? Pascal Sévérac répond que la liberté, chez Spinoza, est une libération à laquelle on accède et non un point de départ. À la différence de Descartes, qui pose le sujet libre sans l'expliquer, Spinoza raconte la genèse de sa conversion, comme un récit proche de Pascal : partir de l'expérience de l'absurde et de la vanité de toute chose, sans en conclure au libertinage ni au désespoir. Il s'agit de vivre autrement cette vie même, dans un plan d'immanence, selon une éthique de l'utilité bien comprise plutôt qu'une morale du devoir.
Sévérac précise que richesse, honneurs et volupté ne sont pas condamnés en eux-mêmes. Ils deviennent des maux quand on les prend pour des fins, parce qu'on est alors possédé par eux. Recherchés comme moyens d'une fin supérieure, ils trouvent leur mesure : l'ascétisme n'est pas une condition mais une conséquence, comme le dit la dernière proposition de l'Éthique, selon laquelle la béatitude n'est pas la récompense de la vertu mais la vertu même. Interrogé sur la drogue, l'ivrogne ou la cocaïne d'Eric Clapton, il distingue le désir affirmatif (cupiditas) du regret du manque (desiderium). L'enjeu est un désir d'abondance qui échappe au pendule schopenhauerien entre souffrance et ennui, car la qualité de la joie dépend de la qualité de l'objet aimé, et l'amour d'une chose éternelle et infinie n'est mêlé d'aucune tristesse.
Sévérac insiste sur la prise en compte de la faiblesse humaine chez Spinoza : la conversion est progressive, faite d'« intervalles » de pensée qui s'allongent, et suppose de sentir l'urgence d'une vie de perdition. La « résolution » est au passé, ratification d'un processus intérieur et non décision volontariste du type « demain j'arrête de fumer ». Il n'y a pas de guerre entre l'esprit et le corps, qui sont une seule chose vue sous deux attributs, mais un champ d'affects contraires où le plus fort l'emporte. Un savoir moralisant et extérieur, comme le « fumer tue » des paquets, reste impuissant. Seul un « intellect affectif », qui produit un amour plus fort, peut transformer une vie. Dans le journal de fin d'émission, Samuel Zarka présente une genèse sociale de l'art contemporain, structurée par les deux significations antagonistes de l'« art en soi » et de l'art fondu dans la vie.
Excerpts
Pascal Sévérac sur la liberté comme libération :
“chez spinoza ce qu'il dit du libre arbitre un pascal s'attaque à une critique radicale du libre arbitre non pas de la liberté parce que la liberté sera promu dans les tic mais mais comme libération comme quelque chose à à quoi on accède mais certainement pas comme quelque chose dont on part”
Pascal Sévérac sur les biens ordinaires :
“il nous dit juste que si jamais on les prend pour des biens suprême c'est à dire comme le fin mot de notre vie alors on court à sa perte [...] on les possède à peine et on est beaucoup possédé par e on pourrait dire qu'on s'aliène en eux et il s'agit pour spinoza n'ont pas de dire ce sont des mots et des tournées vous de ces choses là mais il s'agit de les réhabiliter comme moyen au service d'une fin supérieur”
Le Traité de la réforme de l'entendement, lu dans l'émission :
“notre bonheur et notre malheur dépendent uniquement de la nature de l'objet que nous aimons car les choses qui ne nous inspire point d'amour n'excite ni discorde ni douleur quand elle nous échappe [...] au contraire l'amour qui a pour objet quelque chose d'éternel et d'infini nourrit notre âme d'une joie pure et sans aucun mélange de tristesse”