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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Viguier, Florence & Schwartz, Emmanuel & Ternois, Daniel & Goetz, Adrien & Allard, Sébastien & Chaudonneret, Marie-Claude

Viguier, Florence & Schwartz, Emmanuel & Ternois, Daniel & Goetz, Adrien & Allard, Sébastien & Chaudonneret, Marie-Claude

Viguier, Florence: conservatrice du musée Ingres de Montauban

Schwartz, Emmanuel: conservateur des peintures à l'École nationale supérieure des beaux-arts

Ternois, Daniel: historien de l'art, éditeur de la correspondance d'Ingres avec Gilibert

Goetz, Adrien: maître de conférences à Paris-Sorbonne, auteur d'Ingres collages et du roman La Dormeuse de Naples

Allard, Sébastien: conservateur au musée du Louvre, coauteur d'Ingres, la réforme des principes

Chaudonneret, Marie-Claude: historienne de l'art, coautrice d'Ingres, la réforme des principes

Des lettres et propos sur l'art d'Ingres sont lus par un comédien ; l'émission se tourne en partie à l'École des beaux-arts et au Louvre.

INGRES (1780-1867) – Une vie, une œuvre [2007]

Rien ne veut rien dire · Jul 7, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

L'émission s'ouvre à l'École des beaux-arts. Emmanuel Schwartz y montre un tableau de 1848 où un Ingres petit et distrait ne regarde pas son interlocuteur mais la porte derrière laquelle sont ses envois de Rome. Elle suit aussi l'élève de David entré à 17 ans, auteur d'un autoportrait conquérant, et l'homme sincère et blessé : « l'art est bien plus difficile pour moi que pour les autres ». Florence Viguier commente l'image sévère qu'Ingres a voulu laisser à la jeunesse et le mystère de son atelier, entre maître dogmatique et pédagogue paternel. Daniel Ternois lit la correspondance avec l'ami d'enfance Gilibert. L'écriture y change selon les colères d'un homme peu instruit, à la culture visuelle plus que littéraire. Il retrace la carrière : les années de misère en Italie, le succès du Vœu de Louis XIII en 1824, qui en fait le champion du classicisme face au romantisme, puis l'échec du Martyre de saint Symphorien en 1834. Ingres, ulcéré, s'exile alors à la direction de la Villa Médicis.

Au Louvre, Sébastien Allard et Marie-Claude Chaudonneret montrent devant la Grande Odalisque comment Ingres rompt avec David. À l'héroïsme viril, il oppose un nu féminin au corps trop long, auquel on attribuait une vertèbre de trop. Il revient à « l'enfance de l'art » et expose au rang de peinture d'histoire un « non-sujet », avec l'appui stratégique de Forbin. Ils décrivent une soif de reconnaissance qui le pousse à occuper tous les genres, des portraits de Bertin ou de Madame Moitessier aux petites scènes historiques en petit format qui ruinent la hiérarchie des genres. Ingres organise ses expositions comme des rétrospectives et finit par obtenir sa salle à l'Exposition universelle de 1855 et son musée à Montauban. Adrien Goetz évoque La Dormeuse de Naples, premier grand nu du siècle, perdu, dont l'Odalisque devait être le pendant. Il y voit la source nostalgique de tous les nus d'Ingres, et un érotisme à chercher dans les détails et les déformations plutôt que dans de prétendus dessins secrets.

Goetz présente sa thèse du « collage » : les milliers de dessins de Montauban portent des fragments de papier collés. Ingres décompose les corps et les recompose, si bien que L'Apothéose d'Homère, Le Vœu de Louis XIII ou Le Bain turc peuvent se lire comme des collages, et le classement final des dessins comme une autobiographie. Allard parle de répétition et de cristallisation, une idée graphique en appelant une autre. Viguier compare Ingres au violoniste qui varie quelques thèmes toute sa vie, avec en premier lieu le corps féminin. Ils voient dans la Vierge à l'hostie, faite de cercles emboîtés, une icône annonciatrice de l'abstraction, et dans les invraisemblances de Jésus parmi les docteurs une nature soumise à la géométrie de la courbe. Goetz conclut sur le rêve de Kafka, qui inventa en 1911 un tableau « d'Ingres » aux mille miroirs et trouvait chez ses figures une nudité qu'on ose toucher.

Excerpts

Daniel Ternois sur l'écriture d'Ingres :

“quand il a une grosse colère alors il écrit de façon désordonnée sans aucune syntaxe fait des pâés [...] il a pas fait d'études bien longes il arrêté très tôt chez les frères de Montauban et il s'en a toujours voulu ensuite de pas avoir eu suffisant de connaissance grammaticale culture non pas qu'il soit pas cultivé mais sa culture est visuelle beaucoup plus que littéraire”

Ingres sur l'enseignement, lu dans l'émission :

“croyez-vous que je vous envoie au Louvre pour y trouver ce qu'on est convenu d'appeler le beau idéal quelque chose d'autre que ce qui est dans la nature ce sont de pareilles sottises qui aux mauvaises époques ont amené la décadence de l'art je vous envoie là parce que vous apprendrez des antiques à voir la nature parce qu'ils sont eux même la nature”

Adrien Goetz sur le collage :

“si on met ensemble une centaine de dessins où il y a ces ces petits fragments de papier de calque de papier d'autres couleurs collés sur les feuilles là ça devient vraiment non seulement une méthode et peut-être le secret de la manière dont inre travaille [...] cette idée que les les corps sont décomposés que ils regardent chaque détail et ensuite les reconstruit”