Politis, Hélène
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Core ideas
La critique du romantisme. L'émission part d'un texte de Hannah Arendt (1932) : Kierkegaard, comme Nietzsche mais en un sens très différent, « sonne le glas du romantisme » ; il est l'explication et la vengeance du romantisme, qui paie de sa vie la dette que le romantisme avait contractée à bon compte. Politis relève que la critique du romantisme est très précoce dans ses Journaux (Kierkegaard « n'est pas contemporain du romantisme mais vient juste après »). Elle suit le déplacement qui mène des satiristes romains (projet noté en 1837) à l'ironie socratique de sa thèse soutenue le 29 septembre 1841, Le Concept d'ironie constamment rapporté à Socrate : de Rome à Athènes, de la satire à l'ironie, de la littérature à quelqu'un qui n'a rien écrit.
Deux ironies, deux Socrate. La première partie de la thèse reconstruit un Socrate historique à partir de Xénophon, Platon et Aristophane ; la seconde porte sur l'ironie romantique (Friedrich Schlegel). L'ironie romantique fait de la littérature un jeu avec le monde où le sujet, créateur de son monde, finit par l'éteindre : il ne reste que le jeu. Kierkegaard y voit un échec : on perd le réel. Il revient donc à un autre Socrate, celui qui interroge sans rien apporter, part de ce que croit savoir son interlocuteur et le mène à voir qu'il ne sait pas : cette ironie « n'aboutit pas à une connaissance » mais à la prise de conscience de l'ignorance (distincte de la réminiscence platonicienne). L'annexe centrale de la thèse discute le Socrate hégélien, préparateur de la spéculation. Après le moment de l'ironie, la bifurcation est : retrouver le réel par l'idée dont on se souvient (Platon) ou par une réalité paradoxale, d'où la répétition (non pas du même, mais reprise portée par un élément venu de l'extérieur), liée au christianisme, un dieu venu dans le temps « comme un pauvre ». Politis rappelle que le monde sans signification (les faits divers d'aujourd'hui) rend ce souci actuel.
L'humour de Kierkegaard. Pour terminer, elle lit des pages ironiques : le texte des Journaux sur les gens qui veulent « dépasser » Hegel (le dépassement dialectique comme un conseiller de justice qui l'emporte sur un conseiller des finances), et une lettre du 8 janvier 1842 au pasteur Spang, où il dit « dépasser » Socrate, qui ne prenait pas d'argent pour son enseignement, en n'affranchissant jamais ses lettres.
Excerpts
“« kierkegaard n'est pas contemporain du romantisme mais enfin il vient juste juste après »”
“« cette ironie la n'aboutit pas à une connaissance elle aboutit à faire prendre conscience à l'interlocuteur qui ne sais pas »”
“« à cet égard je cherche non seulement à limiter mais encore à dépasser ce grand sage que fut socrates qui jamais ne prenait d'argent pour son enseignement »”