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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Goffette, Guy & Buisine, Alain & Drillon, Jacques & Borel, Jacques & Gendre, André

Goffette, Guy & Buisine, Alain & Drillon, Jacques & Borel, Jacques & Gendre, André

Goffette, Guy: poète, auteur d'un Verlaine d'ardoise et de pluie

Buisine, Alain: universitaire, auteur d'un Verlaine, histoire d'un corps

Drillon, Jacques: écrivain et critique

Borel, Jacques: écrivain, éditeur de Verlaine dans la Pléiade

Gendre, André: universitaire, spécialiste du sonnet

On entend l'archive de Marguerite Moreno racontant sa rencontre avec Verlaine au Procope. Les poèmes et textes de Verlaine sont lus par Michel Parent et Hugues Quester. La productrice est mal restituée au générique (« Simone Boisecq », nom incertain), et les attributions de certaines interventions viennent du contexte.

Une Vie, une œuvre : Paul Verlaine (1844-1896)

Rien ne veut rien dire · Jan 7, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre.

Core ideas

Guy Goffette commence devant le buste de Verlaine au Luxembourg et parle de ce visage « mongol » qu'on disait laid et qui l'a marqué jeune. Marguerite Moreno, en archive, raconte la déception de l'adolescente qui l'imaginait en poète blond et découvrit au Procope « un vieux Mongol » laid, entouré de fumée comme un dieu mexicain, au rire d'enfant irrésistible. Un intervenant rappelle le mépris des surréalistes. Pour lui, Verlaine a pourtant le premier « complètement métamorphosé le vers », reconnu seulement par Mallarmé. Jacques Drillon insiste sur l'instabilité : un poète de ruisseau et le plus raffiné de France, admiré et fui (Montesquiou envoyait son secrétaire déjeuner avec lui), passant de sa femme à Rimbaud, du blasphème à la religion, comme « un crayon debout sur sa pointe ». Selon lui, aucun poète n'a écrit d'aussi beaux et d'aussi mauvais vers. Alain Buisine propose une « histoire d'un corps » : un homme qui se débat avec son corps, la bisexualité et l'alcoolisme, pour qui poésie et alcool ont la même fonction existentielle.

Jacques Borel souligne le Verlaine du songe et de l'« effarement », du « Mon rêve familier » au Verlaine qui flirte avec la mort, trop négligé face au chansonnier. Goffette voit en lui un « homme qui marche », dont les vers boitent comme les collines des Ardennes. Il a lui-même dit ces poèmes en marchant pendant deux ans. Buisine refuse l'idée d'une poésie inspirée : c'est un grand technicien et critique, qui écrit au gré de ses besoins psychologiques, et le vers impair est plus difficile à construire que le vers régulier. Drillon observe que chez Verlaine le son et le sens circulent indépendamment l'un de l'autre, comme dans « Les sanglots longs des violons ». André Gendre analyse le « Sonnet boiteux » de Londres, où une césure inattendue rend le vers plus expressif et où le seul vers sans rime, « sans espérance », marque le désarroi. Il voit dans les dialogues avec Dieu de Sagesse un sonnet de « méditation par fragments » qui ose faire voisiner la prière et le « vieil Adam qui s'embrase ».

Goffette évoque la scène de la rue Nicolet, où Verlaine veut brûler les cheveux de Mathilde et jette l'enfant contre le mur, puis le repentir : il est « l'homme qui avance en regardant derrière lui ». Il lit « Green » comme l'expression de sa tendresse. Drillon commente « Croquis parisien » comme un décor stylisé où personne ne croit à la ville, avec « glissez, mortels, n'appuyez pas » pour seule morale. Il voit en Verlaine un poète « hyper ouvert », à l'opposé de Valéry. Borel relève la porosité à la sensation, vive mais comme lointaine, et les fantômes et clairs de lune des Fêtes galantes. Drillon lit les recueils érotiques Femmes et Hombres, mêlant ordure et délicatesse. Buisine explique le pastiche, puis l'autopastiche (« À la manière de Paul Verlaine »), par un problème d'identité lié à l'alcool. Pour lui, l'exhibition finale de son corps malade dans les cafés et les hôpitaux, sous la pancarte « Paul Verlaine, homme de lettres », fait du corps du poète son œuvre, ce qui annonce le happening, le body art et Bacon.

Excerpts

Jacques Drillon sur l'instabilité de Verlaine :

“si vous mettez un crayon debout sur une table il n'a qu'une n'a qu'une envie c'est de tomber de se mettre à plat et de retrouver sa stabilité naturel bien verlaine lui reste debout sur la table [...] parfois il verse du côté de l'as du génie et parfois de l'ignominie complète”

Alain Buisine sur l'histoire d'un corps :

“l'histoire de verlaine c'est d'abord l'histoire d'un homme qui se débat avec son coffre qui se débat avec les problèmes de son corps qui se débat avec l'alcoolisme il faut dire clairement qui se débat avec la bisexualité”

Alain Buisine sur le corps exhibé :

“on voulait voir le corps du poète mais le corps du poète c'était son oeuvre”