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Malraux, André

écrivain et ancien ministre de la Culture, 72 ans

Radioscopie : André Malraux [1974]

Rien ne veut rien dire · Apr 4, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

La fin d'une phase du monde. Chancel ouvre sur la phrase de de Gaulle (« cet ami génial »), Malraux écarte sa légende. Il explique l'écriture de La Tête d'obsidienne (Picasso) par une thèse : « ce qui cesse avec nous c'est une immense aventure humaine qui a été la découverte du monde par l'Europe » ; de 1450 (la voile qui permet les grandes navigations) à 1950 (décolonisation : indépendance de l'Inde en 1947, Mao à Pékin en 1948) : l'Europe a découvert le monde, mais l'amiral chinois n'est pas arrivé à Marseille. Cela correspond au règne de l'imprimerie ; la libération de l'Asie, à l'entrée en jeu de la radio ; le destin du monde se déplace vers le Pacifique. Il se dit frappé par un siècle sans équivalent depuis peut-être la fin de l'Empire romain (fiacres, bombe atomique, chimie du cerveau), et insiste sur une crise des institutions occidentales, de la peinture et du roman (Faulkner, Hemingway, Sartre, lui-même ne finissent pas leurs romans).

Culture, politique, télévision. Ministre « du général de Gaulle » plus que d'un gouvernement, il s'est fait gaulliste par la Résistance (« j'ai épousé la France »). Sa définition pratique de la culture : « mettre à la disposition du plus grand nombre les plus grandes œuvres de l'humanité » ; les maisons de la culture (Grenoble), le ravalement de Paris. Il voit dans la télévision un moyen de transmission immense (une expérience américaine où des volontaires payés pour ne rien faire ont abandonné leur salaire pour retrouver la télé), les images, avec le musée imaginaire (photographie, livre d'art après 1950), qui changeront notre rapport aux œuvres comme l'imprimerie a changé la civilisation, ainsi que l'enfance, ouverte au monde des adultes.

Picasso, la religion, la mort. Picasso a pensé qu'un peintre ne doit pas approfondir son art mais sa révolte, d'où ses changements de style ; il craignait ou espérait une longue interruption de la peinture, mais est « entré debout dans la postérité ». La peinture est plus mystérieuse qu'on ne le croit (Joconde, Giotto) : l'art est un moyen d'exprimer l'inconnaissable ; les dieux grecs ne parlaient pas, c'est la sculpture qui a créé Aphrodite. Sur la religion, il se dit agnostique : entre la nature de la connaissance et la transcendance « il y a une rupture absolue » (et il corrige : « n'est pas athée qui veut »). Sur la mort : sans y avoir un rapport personnel, il y voit une idée fondamentale, car « à partir du moment où le fait de la mort est pensé il sert de pôle pour rendre intelligible un certain nombre d'éléments de la vie ». Il évoque Montherlant (mort choisie) et le Zen, où l'on sourit en rencontrant la mort.

Excerpts

“« ce qui cesse avec nous c'est une immense aventure humaine qui a été la découverte du monde par l'Europe »”

“« à partir du moment où le fait de la mort est pensé il sert de pôle pour rendre intelligible un certain nombre d'éléments de la vie »”

“« entre la nature de la connaissance et le fait de la transcendance il y a une rupture absolue »”