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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Onfray, Michel & Cohen, Patrick

Onfray, Michel & Cohen, Patrick

émission de Françoise Estèbe, réalisée par Dominique Costa, avec Michel Onfray, un professeur émérite de philosophie comparée dont le nom est déformé (« didier de lol »), Bruno G. (professeur de philosophie à Dijon, auteur de Diogène ou du plaisir solitaire), Henry Su(h)ami (spécialiste de littérature anglaise, nom déformé) et le pianiste Patrick Cohen, qui se présente comme un « Diogène des temps modernes » ; Diogène est interprété par un comédien

DIOGÈNE DE SINOPE (vers 413-327 av. J.-C.) : Le chien royal – Une Vie, une œuvre [2011]

Rien ne veut rien dire · Jan 31, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, fortement déformés par endroits)

Core ideas

Le chien comme emblème philosophique. L'émission rappelle l'image habituelle de Diogène (barbu, bâton, besace, tonneau, qui serait en réalité une grande jarre), puis présente sa vie à partir de Diogène Laërce : fils d'un banquier de Sinope accusé de falsifier la monnaie, exilé, capturé par des pirates et vendu comme esclave, précepteur des enfants de Xéniade, puis vagabond à Athènes. Les intervenants expliquent le choix du chien par l'indifférence (adiaphoria), l'impudeur (anaideia), la perspicacité et la garde, le chien gardant « les principes de sa propre philosophie ». Selon Onfray, Socrate, Diogène et Aristippe de Cyrène forment un « triangle subversif » d'individus qui se construisent eux-mêmes, sans dieux ni fictions, victimes de l'historiographie platonicienne.

Une philosophie en actes, contre Platon. Les anecdotes (« ôte-toi de mon soleil » à Alexandre, la lanterne en plein jour, le poulpe cru, la masturbation sur l'agora, le bâton pédagogique, l'entraînement d'un disciple traînant un hareng au bout d'une ficelle) sont lues comme des gestes pédagogiques qui frappent les esprits sans arguments. Onfray affirme que l'ascèse de Diogène est compatible avec l'hédonisme (Épicure renonçant à un plaisir pour un plus grand) et que la tradition platonicienne a faussé l'image d'un penseur « négateur », alors que Diogène défend l'autonomie, le matérialisme et la nature ; il aurait écrit beaucoup, mais ses œuvres sont perdues. Le contexte historique (défaite de Chéronée en 338, perte de liberté des cités) fait du cynisme une réponse précoce, avant l'épicurisme, le scepticisme et le stoïcisme, au changement de statut de la cité, et son cosmopolitisme signifie « je ne suis nulle part chez moi », à l'inverse du stoïcien.

Mode de vie et modernité. Cohen raconte vivre dans une ferme isolée, sans électricité depuis 2001, avec des toilettes sèches, trouvant plus de plaisir que de confort dans la frugalité. Un intervenant rapproche Diogène d'Hamlet (moraliste mordant, qui se dépouille et démasque les faux-semblants) et d'un saint François d'Assise un peu blasphématoire, un autre en fait une figure moderne qui annonce l'écologie, l'inversion des valeurs et la levée des tabous, d'où une « jubilation » cynique. La violence verbale de Diogène est discutée : il crache sur un jeune riche (« le seul endroit sale »), mais ses saillies visent à faire réfléchir, non à humilier.

Excerpts

“« la philosophie digne de ce nom c'est d'abord une philosophie polémique »”

“« il faut incarner la philosophie »”

“« avoir ça n'est pas être et posséder c'est être possédé »”