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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Agacinski, Sylviane

Agacinski, Sylviane

philosophe, auteur d'un livre sur Kierkegaard

Kierkegaard, philosophe malgré lui (9/10) : L'affaire d'Abraham ou le sacrifice chez Kierkegaard

Rien ne veut rien dire · Mar 24, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ dix-neuf minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; la discussion saute d'un sujet à l'autre et plusieurs phrases sont tronquées)

Core ideas

Abraham, chevalier de la foi. Dans Crainte et tremblement, Abraham reçoit un enfant à un âge avancé, ce qui fait de la foi une jeunesse du désir ; quand Dieu lui demande de sacrifier Isaac, il prend l'ordre au sérieux au lieu de se dérober ou de se dire qu'il donnerait sa vie à la place. À la différence du héros tragique (Agamemnon sacrifiant Iphigénie, pour une cause et en recevant l'apaisement de la communauté), il n'agit ni pour un peuple ni pour l'humanité : il agit seul, en privé, au risque de la folie, comme « l'individu » face au Tout autre. Il ne peut pas être compris, et c'est pourquoi on ne peut pas non plus communiquer avec lui : Abraham se refuse à la médiation, car parler revient à exprimer le général. Le pseudonyme du livre, Johannes de Silentio, ne tient pas ce silence : l'auteur continue de parler, mais sa parole tourne autour du silence.

Un sacrifice de l'intellect. Pour les intervenants, le sacrifice d'Abraham est aussi celui de l'intellect : la différence ne se laisse pas penser (on pense des différenciations, pas la différence comme telle), et la foi commence là où la raison finit. Comme pour Régine, il y a un parallèle (Kierkegaard offre ou « sacrifie » sa fiancée à Dieu), mais Kierkegaard, selon Agacinski, la garde aussi par la répétition : le détachement est une manière de garder, une passion qui se loge dans l'écriture. Il se dit cependant mortifié d'écrire, car la souffrance chrétienne ne s'écrit pas, et l'écriture est une jouissance.

Écriture, pseudonymes, secret. Les pseudonymes sont à la fois mise à distance et permission d'explorer (le séducteur, la poésie), ce qui l'amène à osciller entre stade esthétique et stade éthique ; dans le Post-scriptum, il dévoile les masques et affirme avoir cherché la persécution, le ridicule (l'affaire du Corsaire), comme son propre martyre. Les intervenants discutent de la façon dont Kierkegaard fait d'Abraham, figure du judaïsme, la figure de la foi chrétienne ; Martin Buber l'accuse d'avoir opposé Régine à Dieu, à l'inverse du judaïsme ; Kafka est évoqué pour sa propre rupture de fiançailles. Enfin le « secret » du père (une faute, peut-être le viol de sa seconde épouse, imaginé par certains commentateurs) est présenté comme un point aveugle qui contamine les catégories de la pensée de Kierkegaard : Abraham sacrifiant son fils, le Christ, le christianisme comme secret.

Excerpts

“« abraham se refuse à la médiation »”

“« la fois commence là où finit la raison »”

“« le sacrifice ne s'écrit pas »”