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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Cohen, Jean & Colette, Jacques & Anne, Chantal & Kofman, Sarah & Guy, Alain

Cohen, Jean & Colette, Jacques & Anne, Chantal & Kofman, Sarah & Guy, Alain

Cohen, Jean: philosophe

Colette, Jacques: philosophe, traducteur de Kierkegaard

Anne, Chantal: philosophe, spécialiste de Kierkegaard

Kofman, Sarah: philosophe, autrice de *Socrate(s

Guy, Alain: intervenant, nom tel que donné au générique

Des textes de Kierkegaard (Journal, Les Œuvres de l'amour, Journal du séducteur, Ou bien… ou bien, Crainte et tremblement, Post-scriptum) sont lus par Christine Brücher et Jean-Baptiste Malartre, avec des extraits du Don Giovanni de Mozart. Les intervenants ne se présentent pas toujours, et certaines attributions viennent du contexte.

SØREN KIERKEGAARD (1813-1855) ou l'écharde dans la chair – Une vie, une œuvre [1989]

Rien ne veut rien dire · Jan 2, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

Jean Cohen définit l'« écharde dans la chair » comme la mélancolie atroce d'un homme élevé par un père sombre, accablé par le péché, qui avait maudit Dieu jeune et épousé sa servante. Kierkegaard en tire l'idée tragique que Dieu aime ce qu'il fait souffrir. Jacques Colette retrace la jeunesse : une enfance « mi-jeu d'enfant, mi-Dieu dans le cœur », la mort du père en 1838, la thèse sur l'ironie chez Socrate, les fiançailles avec Régine Olsen rompues en 1841, puis Berlin, Schelling et le Don Giovanni de Mozart. Il raconte aussi le « grand tremblement de terre », la découverte de la faute du père, qui fait s'écrouler son image et nourrit une révolte contre les faux-semblants de Hegel et de l'évêque Mynster. Chantal Anne fait de l'amour le fil de toute l'œuvre, jusqu'à une identification de Kierkegaard au Dieu-poète qui parle par pseudonymes. Elle oppose l'amour humain (« je t'aime encore mais je te tue ») à l'amour chrétien, qui n'a pas besoin de réponse, comme l'amour d'un mort qui ne fait plus signe.

Alain Guy voit dans la rupture des fiançailles un sacrifice lié à l'écriture : une vie quotidienne avec une femme aurait menacé l'œuvre, et Kierkegaard écrit sous des « injonctions ». Cohen pense qu'il aime Régine comme une muse lointaine, en poète, dans le désir et le souvenir, et qu'il a dû rompre faute de pouvoir la posséder comme non possédée. Il cite : « on devient génie sous l'influence d'une jeune fille, mais conseiller du commerce sous celle de sa femme ». Seul Dieu pouvait réaliser ce paradoxe, d'abord dans le temps, puis dans l'éternité. Guy lit les lettres du Journal du séducteur comme un couple de « jumeaux » où la différence sexuelle est abolie, et le livre comme une auto-profanation destinée à dégoûter Régine, sous l'empreinte d'une haine de Dieu entendue dans la voix du père. Colette oppose Don Juan, séducteur « extensif » dont l'idée est essentiellement musicale, au séducteur réfléchi du Journal, et explique que pour Kierkegaard la sensualité géniale n'a pu naître que du christianisme qui la combat. Cohen présente les trois stades, esthétique, éthique et religieux, et une vérité qu'on ne connaît pas mais qu'on « est ».

Sarah Kofman explique que la thèse sur l'ironie « fait avorter » la figure hégélienne de Socrate. Pour Kierkegaard, Socrate est tout entier ironie, interrogation négative et liberté infinie de la subjectivité, sans le moment positif que Hegel lui prêtait. L'ironie est une duplicité « invisible », qui s'entend plus qu'elle ne se voit, comme un lutin coiffé d'un bonnet qui le rend invisible. Elle distingue Socrate du Christ, qui ne saurait être duplice, et voit dans l'ironie le commencement nécessaire de toute vie, appelé à être dépassé par l'humour religieux. Chantal Anne commente l'Abraham de Crainte et tremblement, signé Johannes de Silentio : un silence qui ne peut se faire comprendre, la certitude de garder Isaac et l'acceptation de le sacrifier. Guy interprète les pseudonymes comme un refus du nom du père, Kierkegaard copiste d'une parole venue d'ailleurs comme un moine médiéval. Anne évoque la joie chrétienne d'« avoir toujours tort devant Dieu » et la pécheresse qui « a beaucoup aimé ». Cohen conclut : comme Dieu chez Kant est une exigence de la morale, il est chez Kierkegaard une exigence de la poésie, sans quoi il a renoncé à Régine pour rien.

Excerpts

Jean Cohen sur l'écharde dans la chair :

“cette échape dans la chair c'est cette idée finalement que Dieu aime ce qu'il fait souffrir et que la souffrance est le seul moyen parvenir à Dieu c'est là une conception qui fait de essentiellement de qu' regarde d'un penseur tragique”

Jean Cohen sur l'amour de Régine :

“qui regarde aime réine comme tout homme amoureux comme une muse lointaine il l'aime à distance il l'aime irréel il l'aime refusé s'il l'pouser tout ce qui fait la poésie de l'amour disparaîtrait”

Sarah Kofman sur l'ironie invisible :

“il y a pas de concept d'ironie on peut pard donner une image ou alors l'image qu'on en donnerait c'est celle que donne quelques gardes extrêm amusante ça serait le peindre un lutin avec un bonnet qui le rend invisible”