MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Pierrot, Anne Herschberg & de Biasi, Pierre-Marc & Dufour, Philippe

Pierrot, Anne Herschberg & de Biasi, Pierre-Marc & Dufour, Philippe

voix de documentaire : Anne Herschberg Pierrot, Pierre-Marc de Biasi, Philippe Dufour et d'autres commentateurs (certains noms brouillés dans les sous-titres) ; lectures de la correspondance, du Dictionnaire des idées reçues, de Madame Bovary

GUSTAVE FLAUBERT (1821-1880) : Une apparition – Une vie, une œuvre [2007]

Rien ne veut rien dire · Jan 7, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Une enfance dans l'Hôtel-Dieu. Le documentaire, à l'occasion du dernier tome de la correspondance dans la Pléiade, retrace la vie de celui qui n'était « tendu que vers un seul but » : son art. Fils d'un chirurgien célèbre, né dans l'Hôtel-Dieu de Rouen, il grandit près des malades et des dissections : « j'ai grandi au milieu de toutes les misère humaine dont d'un mur me séparait tout enfant j'ai joué dans un amphithéâtre », ce qui nourrit une personnalité noire et funèbre. Trois bébés étant morts avant lui, il se voit en survivant ; il écrit dès neuf ans, au collège royal de Rouen (1832) il se lie à une bande de camarades romantiques, et déteste la ville et ses « bourgeois ». À quinze ans, il voit à Trouville Élisa Schlésinger sortir de l'eau, passion romantique qu'il garde comme une « chambre royale » murée. Sa famille lui impose le droit à Paris, qu'il ne supporte pas (« le droit me tue, m'abrutit ») ; en janvier 1844, une crise nerveuse (probablement épileptiforme) lui fait renoncer à tout et lui permet d'imposer sa vocation : « je suis un homme plume je sens par elle à cause d'elle par rapport à elle et beaucoup plus avec elle ».

Les voyages, les amours, la méthode. Son voyage en Orient avec Maxime Du Camp (1849-1851) lui laisse un fonds d'images (la danse d'Azizeh, source de celle de Salomé dans Hérodias) et une conscience claire de son projet : se méfier de l'inspiration, tout remettre au travail, à la planification, au « gueuloir ». Liaison passionnée et compliquée avec Louise Colet (qu'il ne veut ni épouser ni avoir d'enfant), amour impossible pour Élisa, vie de « bon vivant » à Croisset et à Paris (l'invitation à dîner pour Salammbô, en 1861, parodiant le cannibalisme du roman), manuscrits couverts de ratures (trente mille pages) : il n'était pas un reclus paresseux. Madame Bovary est présenté sans que « Madame Bovary c'est moi » soit pris pour une autobiographie anecdotique ; Flaubert veut « un livre sur rien », mais surtout sur le rien et le presque rien, et L'Éducation sentimentale en fait une chronique du temps qui s'enlise et des révolutions sans résultat.

Politique, ruine, fin. Conservateur mais haïssant la bourgeoisie d'affaires (« Flaubertus bourgeoisophobus »), compatissant pour les ouvriers, il refuse de conclure : son esthétique est « à ravage pour toutes les idéologies dominantes ». Après la guerre de 1870 (il enterre ses manuscrits), il traverse dix dernières années mélancoliques : ruiné pour sauver sa nièce, au bord du suicide en 1875, il écrit Bouvard et Pécuchet, dont la première phrase (« Comme il faisait une chaleur de trente-trois degrés, le boulevard Bourdon se trouvait complètement désert ») condense le roman. « La bêtise est le diable », dit-il, et il voulait un second volume qui rendrait le lecteur fou. Il meurt d'une attaque le 8 mai 1880 ; Zola parle d'un « coup de foudre ».

Excerpts

“« j'ai grandi au milieu de toutes les misère humaine dont d'un mur me séparait tout enfant j'ai joué dans un amphithéâtre »”

“« je suis un homme plume je sens par elle à cause d'elle par rapport à elle et beaucoup plus avec elle »”

“« la bêtise est le diable y a pas d'autres ennemi quoi »”