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▶ Watch on YouTubeCoverage note: partial (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, très fautifs sur les noms propres et les termes ésotériques, avec des passages à peine intelligibles)
Core ideas
Le voyage en Orient : une résurrection. L'émission, à l'occasion de la parution du tome II de la Pléiade, part d'un cheval de cauchemar, de la phrase « chaque être humain porte en lui la symbolique de son propre voyage » et du voyage de 1843 (Marseille-Orient), entrepris après la mort de Jenny Colon, la figure féminine, l'éternité cherchée dans une autre chair. Le rêve est « une seconde vie » dont Nerval a franchi sans frémir les « portes d'ivoire ». Son « délire » est à comprendre positivement, prophétique : Nerval est avant tout un lecteur immense, dont la vérité des textes lus se fond dans les siens (méthode « et mythologique » et non étymologique : partir de la vérité, non de l'origine des mots).
La reine de Saba, Adoniram, le miroir. L'intervenant retrace la reine du midi, couronnée d'étoiles, assimilée à la femme de l'Apocalypse et à sainte Rosalie, peinte « avec le suc des plantes » (le Livre d'Hénoch, la chute des anges, la fonderie, le fard, les arts maléfiques) : une lignée de Caïnites prométhéens (la tour de Babel, mais aussi une solution souterraine, le feu caché dans la terre, Adoniram descendant au centre de la terre). Le miroir (les bronziers de Jérusalem, le parquet de cristal, Mélusine) est la clé : on lit « à l'envers », « comme en haut, comme en bas » (la table d'émeraude). Adoniram, maître maçon, meurt à la colonne J (Jenny Colon), l'enfant à naître est « fils de la veuve ». Le trajet inverse du soleil et la mer (amour, amertume) en font un rite initiatique.
La mort, le nom, le feu. Nerval cherche la langue d'avant Babel, des « étoiles de sens » dont le réseau serré mène au suicide, un acte rituel qui donne un sens à sa propre mort (sainte Rosalie, les cordiers de Syracuse, la corde et la pendaison). La huppe, l'acacia, le mot « Macbenac » (la chair quitte les os), l'oreille (grotte de Denys, myosotis, anamnèse : ne pas oublier les vies antérieures), le feu intérieur qui consume Nerval : tout converge vers une même figure féminine, sens de l'incarnation. La lecture se clôt sur sa phrase : « tu es celui que j'attendais sans le savoir ».
Excerpts
“« chaque être humain porte en lui la symbolique de son propre voyage il ne sert à rien de se déplacer »”
“« le rêve est une seconde vie je n'ai pu percer sans frémir ses portes d'ivoire »”
“« il faut donner au mot d'élire un sens très positif dans un délire quasi prophétique »”