Cioran, Emil
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Core ideas
D'un philosophe roumain à un écrivain français. Présenté juste après le succès du Précis de décomposition, Cioran est introduit comme un Roumain né en 1911, qui a fait des études de philosophie (un essai remarqué sur Bergson), publié quatre livres en roumain dont Sur les cimes du désespoir (prix de la grande littérature roumaine), puis est venu en France grâce à l'Institut français de Bucarest, avec le projet d'une thèse. Il dit avoir changé d'avis vers l'âge de 35 ans : il a voulu s'essayer au français, et le Précis est le résultat de ces tentatives.
Les moralistes français et la langue. Interrogé sur sa dette envers les moralistes français, il répond qu'il leur doit beaucoup, davantage qu'à la métaphysique allemande, qu'il a beaucoup fréquentés le dix-septième siècle, qu'il aime Joubert et d'autres auteurs de maximes, et qu'il a choisi d'écrire par aphorismes. Le chroniqueur relève que cela lui vaut un style classique, parfois précieux, et se réjouit du retour du classicisme français par le biais d'écrivains venus de « l'autre bout de l'Europe ».
Pessimisme et musique. Quant à son pessimisme, très noir, que d'aucuns rattachent aux événements contemporains ou au climat de l'Europe centrale, Cioran refuse le lien : c'est « le fruit de nos tempéraments plutôt que d'une conjoncture ». Il reconnaît l'importance de la musique, notamment française (il a écrit sur Debussy et Ravel), dit vouloir continuer à écrire en français malgré sa connaissance d'autres langues, et annonce un prochain ouvrage de réflexions brèves.
Excerpts
“« à ce moment là j'ai changé d'avis j'ai voulu m'essayer au français »”
“« le fruit de nos tempéraments plutôt que d'une conjoncture »”
“« le retour au classicisme français se fait par le biais de quelques vrais écrivains venus de l'autre bout d'europe »”