MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Miquel, Paul-Antoine

Miquel, Paul-Antoine

professeur de philosophie contemporaine à l'Université de Toulouse, éditeur de La Pensée et le mouvant chez Flammarion, auteur de Bergson dans le miroir des sciences

Bergson, La pensée et le mouvant (4/4) : La perception du changement

Rien ne veut rien dire · Jun 24, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Percevoir contre concevoir ; l'artiste. La cinquième conférence d'Oxford (1911) part de la différence entre perception et conception (on conçoit quand on ne peut pas percevoir, le concept est un billet de banque), et de l'idée que l'art serait inutile si la réalité frappait directement nos sens. Miquel écarte la lecture subjectiviste (le peintre ajoute sa vision) : l'art élargit la perception en nous détachant des besoins adaptatifs et en nous mettant en communication entre le dedans et le dehors, d'où une dimension cosmique (Turner et Corot montrent la mobilité dans les choses), non seulement une expression de la conscience. Pour Bergson, la perception courante est restrictive (l'organe cérébral trie selon l'action).

La science, la perception pure, la double immanence. Contre un cliché, Bergson ne dévalorise pas la science : elle fait sortir de nous, nous place dans un univers qui n'est pas à nous. La perception pure nous place hors de nous, les choses « se réfléchissent en nous » ; il y a donc une double immanence : durée de la conscience, durée de l'univers. La « conversion brusque de l'attention » (l'alpiniste qui glisse, le noyé) fait voir le passé tout entier, comme une mélodie indivisible, un perpétuel présent. Le savant, lui, explique ce qui change à partir de ce qui ne change pas (la planète et ses équations).

Une philosophie du devenir. L'artiste montre le changement, mais ne le construit pas ; le philosophe (par des « chaînes conceptuelles » liées à des images) donne une vision du réel : ce qui est devant n'est pas l'être, mais le changement. Bergson renverse la hiérarchie métaphysique traditionnelle (expliquer le devenir par l'être) : un philosophe du devenir, non de l'être, proche de traditions orientales. Les deux « ordres » (esprit et matière) montrent qu'on ne peut s'arrêter à un seul point de vue. La conférence se termine sur « nous vivons davantage » et une éternité de vie, non d'immutabilité.

Excerpts

“« l'artiste c'est celui qui fait sortir de la subjectivité »”

“« j'explique ce qui bouge à partir de ce qui ne bouge pas »”

“« c'est un philosophe du devenir c'est pas un philosophe de l'être »”