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Maurois, André

VOLTAIRE : Portrait souvenir [RTF, 1961] (avec André Maurois)

Rien ne veut rien dire · Jun 1, 2018 · partial coverage

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Coverage note: full (environ trente-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance, surtout sur les noms et les passages cités)

Core ideas

Un homme qui a incarné son siècle. Maurois présente Voltaire comme l'écrivain qui a dominé et modelé le XVIIIᵉ siècle, parce qu'il l'a incarné : vulgarisateur de la science, adversaire de l'inégalité et de l'intolérance, artisan « peut-être inconscient » de la Révolution. Fils d'un notaire parisien, élevé chez les jésuites de Louis-le-Grand, il écrit des vers à douze ans. Sous la Régence, à dix-neuf ans, il écrit Œdipe et des satires ; deux séjours à la Bastille, dont l'un après avoir été battu par les gens du chevalier de Rohan-Chabot, sans pouvoir obtenir justice, font de lui un homme d'opposition. Il part en Angleterre : il y découvre un parlement, le commerce comme activité honorable, Newton (ses funérailles), Swift ; ses Lettres philosophiques, publiées à son retour, sont brûlées par le bourreau.

Cirey, la cour, la Prusse, Ferney. Il se retire quatorze ans à Cirey avec la marquise du Châtelet, savante et sensuelle, dans une vie de laboratoire, de théâtre et de conversation. Il y écrit des contes comme Micromégas. Un détour à la cour de France (Mme de Pompadour, historiographe du roi) se termine mal : il a trop d'esprit pour être courtisan. À Lunéville, Mme du Châtelet s'éprend de Saint-Lambert et meurt en couches. Voltaire, qui croit comme Diderot au despote éclairé, se rend chez Frédéric II ; la querelle avec Maupertuis et le pamphlet brûlé ruinent cette illusion. Il s'installe à Genève (les Délices) puis à Ferney, « position stratégique inexpugnable », à cheval sur la frontière : pendant vingt ans, de ce château part un torrent de brochures. Il y fait aussi œuvre d'entrepreneur, plantant, bâtissant, créant une fabrique d'horlogerie.

Candide, Calas, apothéose. Candide, après le tremblement de terre de Lisbonne (1755), ridiculise l'optimisme et conclut qu'il faut cultiver son jardin : pour Maurois, « la philosophie de l'ingénieur », anti-romantique, qui rend ce roman pessimiste très tonique. Voltaire a aussi une morale d'écrivain engagé : l'affaire Calas (1761), qu'il enquête puis plaide quatre ans jusqu'à la révision du procès, puis Sirven et le chevalier de La Barre, firent plus pour sa gloire populaire que ses meilleurs ouvrages. À quatre-vingt-trois ans, son retour triomphal à Paris (Irène à la Comédie-Française, la bénédiction du petit-fils de Franklin) précède sa mort ; ses cendres sont portées au Panthéon en 1791. Pour Maurois, il reste le plus illustre des écrivains du siècle parce qu'il donne l'image la plus complète de son temps, parce que Candide annonce l'homme moderne, et parce qu'il fut « merveilleusement vivant ».

Excerpts

“« voltaire a été l'un des artisans peut-être inconscient de cette révolution »”

“« il est gênant d'avoir la vocation de l'apostolat pour un pas celle du martyr »”

“« c'est la philosophie de l'ingénieur c'est une philosophie anti romantique »”