[Not Set]
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ trente-deux minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec beaucoup d'erreurs de reconnaissance, surtout dans les poèmes lus, parfois illisibles)
Core ideas
Le plus célèbre et le plus méconnu. L'émission part du mot de Gide (« Hugo, hélas ») et de Léon-Paul Fargue : Hugo contient tout, ses successeurs (Verlaine, Baudelaire, Mallarmé, Valéry, René Char) sont déjà dans ses vers. Le narrateur distingue les surfaces et les profondeurs. Aux surfaces : la popularité, qu'aucun autre écrivain français n'a connue (« le seul de nos écrivains à vivre vraiment dans le cœur du peuple »), les obsèques nationales, le testament, le canon baptisé de son nom, le romancier-feuilletoniste des Misérables, le poète de la mémoire historique (La Légende des siècles). Hugo est aussi l'homme politique : royaliste pensionné, partisan de Louis-Napoléon, député en 1849 (discours sur la misère), puis proscrit à Guernesey après le coup d'État ; il devient le dieu du catéchisme républicain de la Troisième République (liberté, justice, progrès, foi en la science, un dieu-lumière).
Mémoires d'une âme. Dans l'ordre de la littérature, cela ne suffit pas. Le recueil des Contemplations est les « mémoires d'une âme », mais la poésie de Hugo est tournée vers l'âge adulte plutôt que vers l'enfance (contrairement à Baudelaire) : l'amour d'Adèle Foucher, Juliette Drouet (Tristesse d'Olympio), et surtout le père et le grand-père, frappé par les deuils (Léopoldine à Villequier en 1843, Charles, François-Victor) et la familiarité nocturne de la mort (« Paroles sur la dune », « Mors », le poème pour Théophile Gautier).
La vision cosmique de l'exil. Entre 1850 et 1860, dans l'exil (« l'exil fut la patrie de son génie »), l'inspiration devient cosmique : William Shakespeare, Les Travailleurs de la mer, les dessins, « Le Satyre », Dieu, La Fin de Satan. Hugo regarde avec une acuité visuelle exceptionnelle, mais la perception ne donne pas tout le réel : le monde se plaint de la « gangue ténébreuse » qui le tient. L'obscurité n'est pas qu'une limite de la connaissance, c'est le mal ; la marche de l'homme (par la mer), de la société (par le progrès) et de la création (par le pardon accordé à Satan) vers la lumière conduit à un « optimisme métaphysique » (« je crois en Dieu »). Ce que Hugo ne partage avec personne : une conscience ouverte, au risque de la folie, au chaos et à l'inconnaissable. La littérature française est humaniste et concertée ; Hugo est « le seul grand poète naïf » : il dit ce qu'il voit, pas ce qu'il veut dire, avec une technique souveraine qui est « la respiration spontanée d'un langage ».
Excerpts
“« le seul de nos écrivains à vivre vraiment dans le coeur du peuple »”
“« l'exil fut la patrie de son génie »”
“« hugo est le seul grand poète naïf »”