MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Knowlson, James

Knowlson, James

universitaire de Reading, spécialiste de Beckett et de ses archives de mise en scène ; « James Molson » dans les sous-titres

Samuel Beckett (2/5) : de Dublin à Godot

Rien ne veut rien dire · Dec 12, 2016 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ douze minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, très altérés par endroits, notamment dans les passages lus)

Core ideas

Le monde extérieur de Beckett. Knowlson commence par la route de Dublin à nulle part du texte lu, puis soutient que l'on a trop vu Beckett comme l'écrivain d'un monde intérieur abstrait : « il existe un monde extérieur dans l'écriture de Beckett », qui est sa réalité à lui. Les collines de Dublin et la banlieue de Foxrock traversent des œuvres comme Compagnie, les premiers textes, la trilogie (la scène finale de Malone meurt). Ces souvenirs sont transformés : les personnages des pièces ressemblent aux clochards et vagabonds de Synge, tradition irlandaise qui se joint à la dimension métaphysique, et Jean Anouilh a dit des Godot que c'étaient « les pensées de Pascal jouées par les frères Fratellini ». Il évoque une exposition de photographies de Dublin, dont celle du facteur Bill Shannon, qui reparaît dans Watt : il faut établir les rapports de l'œuvre avec ce monde extérieur.

Les carnets de mise en scène. À l'Université de Reading, les archives contiennent tous les manuscrits récents et les notes de mise en scène de Beckett : onze carnets pour neuf pièces (Godot à Berlin, Fin de partie, La Dernière Bande, Oh les beaux jours), après ses expériences avec Blin, Donald McWhinnie, George Devine. Comme auteur, il est « le ver au cœur de la pomme » ; pour mettre en scène, il doit en sortir et modifier selon l'acteur et la scène. Les notes comportent « des notes pour tous les déplacements des personnages, les gestes » et des images : dans les notes de la Dernière Bande, « Caïn et Abel ne sont pas les fils d'Adam et Ève » ; Winnie est un oiseau qui cherche dans son sac, attirée par la terre qui la dévore ; l'image de la cage, du monde comme cachot.

Le silence. Beckett laisse au spectateur un travail à faire : les trous de silence sont des silences menaçants que le spectateur remplit des échos de ce qu'il vient d'entendre. Ce n'est pas un substrat philosophique habillé de théâtre, mais une expérience concrète de deux hommes qui attendent un troisième qui n'arrive pas ; le silence est celui de Maeterlinck, des abîmes.

Excerpts

“« il existe un monde extérieur dans l'écriture de beckett »”

“« ce sont comme les pensées de pascal joué par les frères fratellini »”

“« il y a des notes pour tous les déplacements des personnages les gestes »”