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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Breton, Stanislas

Breton, Stanislas

philosophe, auteur de La Pensée du rien

Le nihilisme (2/5) : La pensée du rien

Rien ne veut rien dire · Oct 22, 2016 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; le dernier extrait est une chanson sans rapport)

Core ideas

Penser le rien sans le dire nihiliste. Nietzsche a désigné plusieurs origines du nihilisme moderne (la pensée grecque, le christianisme, le bouddhisme). Depuis toujours le rien se propose comme objet de pensée (Gorgias, Maître Eckhart, la tradition néoplatonicienne, la Renaissance). Breton refuse d'appeler « nihilistes » les quatre pensées qu'il étudie : la sophistique, le bouddhisme (sunyata, nirvana), le néoplatonisme et la théologie chrétienne de la Croix. Le néant n'y est pas l'absence ni le regret qu'il y ait quelque chose, mais « le vide d'une distance prise » (formule qu'il applique à Marx par rapport à la bourgeoisie), condition d'une évolution supérieure de l'existence et de la pensée : si nous étions enfermés dans le tout du monde « comme des cochons ou comme des pierres », nous ne pourrions poser aucune question sur le monde, les étoiles ou Dieu.

Le rien par défaut et le rien par excès. Il distingue, à la suite du néoplatonisme, le rien par défaut (pure absence, soupir d'impuissance, nihilisme au sens usuel) et le rien par excès, « active transcendance », doctrine de force. Chaque pensée prend distance d'un tout : le christianisme avec sa « folie divine » et l'infirmité de Dieu à l'égard des religions de puissance et de sagesse, la sophistique face à l'ontologie du principe de non-contradiction (on « façonne » l'homme par l'imagination plutôt que de dire ce qu'il est), le bouddhisme par une ascèse du corps (que Nietzsche n'a pas comprise) et une plastique de l'humain.

Typologie du nihilisme. Au sens propre, Breton retient le renversement de la question de Leibniz (« pourquoi quelque chose plutôt que rien ? ») en « pourquoi pas rien plutôt que quelque chose ? ». Il distingue un nihilisme optatif ou optionnel, relatif (il eût mieux valu que le monde ne fût pas né, chez Plotin, l'Ecclésiaste, Jésus à propos de Judas) ou absolu (il eût mieux valu qu'il n'y eût rien, car être est toujours mal-être), un nihilisme de conséquence (jugement porté sur une doctrine qui oublie l'être : Heidegger sur la volonté de puissance, dernier avatar du nihilisme occidental), et enfin l'ennui ontologique et l'équivalence de tout (« à quoi bon »), négation des différences qui est la mort, alors que la vie crée des différences.

Excerpts

“« il y a un un rien par excès et un rien par défaut »”

“« ce sont des doctrines de force »”

“« mais pourquoi pas rien plutôt que quelque chose »”