Fœssel, Michaël
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Core ideas
Du monde de Leibniz au réveil de Kant. Fœssel part d'un texte de Leibniz (la preuve cosmologique : le monde est contingent, donc il faut chercher dans une substance nécessaire la raison de son existence, Dieu, qui a choisi le meilleur des mondes possibles) pour montrer en quoi consiste le « geste métaphysique » : aller au-delà du monde, vers sa cause première, et en redescendre pour affirmer que ce monde est le meilleur possible. Kant, né en 1724, ne conçoit qu'à partir de 1772 l'idée d'une rupture avec la métaphysique, et ne publie la Critique de la raison pure qu'en 1781. Il date lui-même son réveil du « sommeil dogmatique » d'un scandale : les antinomies de la raison pure (le monde a un commencement / il n'en a pas ; il y a une liberté / tout est nécessité), lettre à Garve à l'appui.
Raison, entendement et méthode transcendantale. Fœssel explique que le « monde », pour la métaphysique, est la totalité de ce qui existe moins Dieu, objet de la cosmologie rationnelle, qui prétend répondre à des questions dont les réponses opposées sont également démontrables. Kant déplace le conflit : il ne vient plus de l'opposition entre la raison et le sensible, mais de la raison avec elle-même. Il propose de s'interroger sur les conditions de possibilité de la connaissance (méthode transcendantale) : un concept sans intuition sensible ne donne pas de connaissance, la connaissance ne porte que sur les phénomènes dans l'espace et le temps, tandis que les « idées » (Dieu, âme, monde) peuvent être pensées sans être connues ; la « critique » est à la fois une limitation de l'orgueil de la raison et l'établissement de nouvelles règles pour elle.
Liberté, points de vue et critique du scientisme. Pour la troisième antinomie, Fœssel prend l'exemple d'un procès : l'avocat de l'accusation affirme la liberté malgré les déterminismes, la défense insiste sur les nécessités. La solution de Kant consiste à distinguer deux points de vue : du côté de l'entendement et de la science, tout phénomène a une cause ; du côté de la « chose en soi », l'homme comme être rationnel peut être sa propre cause, donc libre, de sorte que thèse et antithèse peuvent être vraies en même temps. Il en tire une critique du scientisme (les lois de la science ne valent pas pour l'être des choses), une expérience morale et esthétique du monde, et la transformation de la métaphysique en question morale (« sommes-nous libres ? »), avec l'exemple du ciel étoilé, du sublime et de la loi morale.
Excerpts
“« celui qui consiste à aller au delà du monde vers sa cause vers sa cause première »”
“« ce qui l'a réveillé de ce sommeil dogmatique c'est le scandale des antinomies »”
“« la thèse et l'antithèse bien loin de s'exclure mutuellement peuvent être vrai en même temps »”