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Camus, Albert & Assoun, Paul-Laurent

pas d'invité en plateau : archives sonores d'Albert Camus (annonce du Nobel, discours de Stockholm, conférence de presse, discours du 22 janvier 1958 aux amis de l'Espagne en exil) ; dans le journal, Paul-Laurent Assoun, à propos de son dictionnaire des œuvres psychanalytiques (PUF) et de l'entrée de Freud dans le domaine public

Albert Camus (I) (1/5) : L’homme

Rien ne veut rien dire · Feb 9, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance)

Core ideas

Un Nobel embarrassant. À l'automne 1957, Camus, déprimé et ne parvenant plus à écrire, reçoit le Nobel comme un « cadeau empoisonné » : ses adversaires, de Jacques Laurent à Roger Stéphane, annoncent la fin de son œuvre. Les archives font entendre l'ambassadeur de Suède, le correspondant d'Alger qui rapporte la remarque de sa mère (surprise de voir son fils aller si loin), puis le discours de Stockholm : l'art n'est pas une « réjouissance solitaire » ; l'écrivain est au service de ceux qui subissent l'histoire ; deux engagements font la grandeur du métier (le service de la vérité et celui de la liberté). Sa génération, qui ne refera pas le monde, a pour tâche d'« empêcher que le monde se défasse ».

Un esprit libre, entre les camps. Lors de la conférence de presse, Camus parle debout : l'engagement de l'écrivain ressemble moins à un engagement volontaire qu'au service militaire obligatoire ; ses personnages sont des tentations ; il se dit « optimiste indéracinable », sans parti, attaché à la liberté comme au bien le plus sûr, parce qu'elle permet d'améliorer les sociétés. Il récuse toute conversion, assume sa vénération pour le Christ sans croire à la résurrection, cite Simone Weil et René Char, et salue Malraux malgré leurs différends. Devant les étudiants, il rappelle qu'il défendra sa mère avant la justice, tout en condamnant le terrorisme aveugle.

Contre la « méchanceté qui se fait passer pour l'intelligence ». Dans son discours aux républicains espagnols, Camus décrit une société intellectuelle où l'on pense à coups de slogans, et un métier d'écrivain où la droite lui reproche ses manifestes, la gauche ses silences : on est condamné quoi qu'on fasse. Il refuse d'ajouter à ces faiblesses : il n'est pas de ces chrétiens qui mettent le feu à l'église ni de ces amants de la liberté qui la veulent chargée de chaînes. Il dit sa dette envers l'Espagne de l'exil et envers ses amis d'Israël, de France et de Colombie. Dans le journal, Assoun présente l'œuvre de Freud comme texte vivant : un dictionnaire pour comprendre la genèse, la structure et la traduction des textes analytiques.

Excerpts

“« c'est au nom du courage que Camu se méfie des enragés »”

“« je ne crois pas que l'engagement de l'écrivain ressemble à un engagement volontaire mais plutôt au service militaire obligatoire »”

“« le refus de mentir sur ce que l'on sait et la résistance à l'oppression »”