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Podcasts/Rien ne veut rien dire/[Not Set]

[Not Set]

un maître de conférences de langue et littérature latines à l'université Paul-Valéry-Montpellier 3, auteur d'une anthologie des Lettres à Lucilius (éd. du Rocher) et d'un ouvrage sur Augustin (nom brouillé dans les sous-titres), interrogé par Adèle Van Reeth ; lectures de Sénèque (lettres 24, 12, 70, 30), de Tacite ; extrait d'un reportage sur un malade qui choisit sa mort (France 2, 2014)

Sénèque, Lettres à Lucilius (2/4) : Comment apprivoiser la mort ?

Rien ne veut rien dire · Mar 17, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Le temps, la lassitude de vivre. Les lettres (vers 65, à la fin de la vie de Sénèque) partent d'une expérience quotidienne : la lassitude, le dégoût de la vie, la « nausée de toute chose » (lettre 24), liés à un mauvais rapport au temps (les stulti n'estiment pas le présent à son juste prix). Deux images du temps stoïcien : un temps linéaire infini, où le présent n'est qu'une frontière, et un temps circulaire, les cercles concentriques de la lettre 12 (la vie, l'enfance, l'année, le jour), que l'invité préfère se représenter comme un cône dont la pointe serait le présent. Il en résulte que « ce n'est pas vivre qui est un bien mais bien vivre » : vivre en accord avec sa raison, avec une tension constante de la partie directrice de l'âme (tonos), rend chaque jour égal à une vie. Cela ne revient pas à un carpe diem : la joie est « sévère », il s'agit d'une constance rationnelle.

Préméditer la mort, choisir sa mort. La lettre 24 est un exercice spirituel : contre l'exercice épicurien qui écarte les idées négatives, Sénèque propose de dépouiller la mort de ce qu'elle a d'effrayant (praemeditatio futurorum malorum) par un travail de l'imagination, pour muscler l'âme. L'exemple est Caton d'Utique, qui lit le Phédon l'épée à son chevet (l'un pour vouloir mourir, l'autre pour pouvoir), puis rouvre sa blessure : il ne rend pas son souffle, il le « rejette ». Pour le stoïcien, le suicide est l'ultime liberté face à la Fortune, avec une dimension politique (sous Néron, des sénateurs stoïciens se donnent la mort pour échapper à l'emprise du prince), mais il ne s'agit « en aucun cas d'une apologie du suicide » : la lettre 70 précise qu'on choisit sa mort comme son navire, et les suicides sous l'emprise de la passion (amoureuse) sont condamnés. « Un homme courageux et sage ne doit pas fuir la vie mais la quitter » ; le reportage sur un malade qui ouvre sa perfusion sert de contrepoint contemporain à la question de l'euthanasie (« bonne mort »), que l'invité traite avec prudence : le critère premier est le choix rationnel, non la douleur.

La mort de Sénèque et celle de Bassus. Le récit de Tacite (Néron ordonne à Sénèque, impliqué dans la conjuration de Pison, de mourir : il éloigne sa femme, dicte un discours, boit le poison sans effet, finit étouffé dans un bain de vapeur) est ambigu, un Socrate raté, mais reconnaît son courage. Les lettres sont écrites aussi pour lui-même : Sénèque se dit proficiens (en progrès), non sage. La lettre 30 sur Aufidius Bassus, vieux et malade, accueillant la mort avec gaieté, montre l'efficacité de la philosophie ; pour Sénèque, mourir, c'est d'abord apprendre à vivre : « apprendre à mourir, c'est d'abord apprendre à vivre ».

Excerpts

“« car ce n'est pas vivre qui est un bien mais bien vivre »”

“« Un homme courageux et sage ne doit pas fuir la vie mais la quitter. »”

“« apprendre à mourir, c'est d'abord apprendre à vivre »”