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Pichois, Claude

éditeur des Œuvres complètes de Baudelaire dans la Pléiade

Baudelaire à Paris (1/3) : Un dandy du quartier latin

Rien ne veut rien dire · Sep 2, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

Les débuts dans le quartier latin. Pichois conduit une promenade sur les lieux de l'enfance de Baudelaire, né le 9 avril 1821 rue Hautefeuille (maison disparue lors de la percée du boulevard Saint-Michel, en 1856). Son père, Joseph-François, prêtre défroqué puis chef de la questure du Sénat, a soixante ans à son mariage avec Caroline Dufaÿs, vingt-six ; il appartient au monde des idéologues, des encyclopédistes, et lui laisse le goût des images (statues du Luxembourg, pastels) et un fond de XVIIIe siècle classique. Il meurt en 1827 ; Baudelaire évoque ensuite la « tendresse maternelle », la mère exclusivement à lui, puis remariée au commandant Aupick : « Tu étais uniquement à moi. » Un souvenir de jouets (« La Morale du joujou »), un pastel du père, la veuve du Spleen de Paris complètent l'enfance.

Élève brillant et indiscipliné, étudiant joyeux. À Louis-le-Grand (1836-1839), il est un élève inégal (nul en physique et mathématiques, premier prix en vers latins au concours général), puis renvoyé le 18 avril 1839 pour avoir refusé de livrer un billet glissé par un camarade ; il passe son baccalauréat quand même et s'inscrit en droit sans suivre les cours. Il fréquente la pension Bailly de la rue de l'Estrapade (l'« école normande » : Prarond d'Abbeville, Le Vavasseur, noms altérés dans les sous-titres), mène joyeuse vie, rencontre la prostituée « Sarah la Louchette », croise Balzac, Nerval, Hugo, lit les poètes baroques ; le dandy naît au quartier latin, avec ce « démon de l'indépendance », peut-être avec une première atteinte de syphilis. Le voyage de 1841 le sépare du beau-père.

L'île Saint-Louis et le prisme de Paris. En mai 1842, majeur, il s'installe au 10 (aujourd'hui 22) quai de Béthune, dans l'île Saint-Louis alors insalubre et artisanale (Daumier s'y installe peu après) : meubles, miroirs de Venise, reliures, chats ; période de dandysme qui correspond aux Salons de 1845 et 1846 et se paie ensuite d'une misère durable. Yves Bonnefoy rappelle que Paris était la ville de la misère et de l'élégance extrême, de la violence, des rêves, un prisme pour l'intuition poétique la plus fondamentale, source de la compassion (« À une passante », « Les Petites Vieilles »), ce que Bruxelles, privée de ce prisme, n'offrait plus. Pour Bonnefoy, Rimbaud, lui aussi, se détermine par Paris.

Excerpts

“« ça a été pour moi le bon temps des tendresse maternelle »”

“« c'est un élève inégal si l'on en juge par les appréciations »”

“« paris était certainement quelque chose comme le prisme à travers lequel l'expérience poétique la plus simple intuition poétique la plus fondamentale pouvait se voir aussi révélé »”