Soupault, Philippe
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ trente-quatre minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec beaucoup d'erreurs de reconnaissance, surtout sur les noms et les poèmes lus)
Core ideas
Un poète de la guerre et de l'inconscient. Soupault commence à écrire en 1916, convalescent après un vaccin contre la typhoïde, quand une phrase se met à tourner dans sa tête. Il envoie ses poèmes à Apollinaire, qui le présente à Breton. Pour lui comme pour Breton, la guerre de 14-18 est une abomination et le surréalisme, en partie, une révolte contre les bellicistes (Barrès, Bourget) : « quand on veut s'attaquer à une société il faut d'abord casser sa rhétorique et son écriture ». Les trois « mousquetaires » (Soupault, Breton, Aragon) trouvent Rimbaud et Lautréamont comme précurseurs, lisent Freud, donnent la parole à l'inconscient, dont la langue brisée, aux rythmes brutaux, est plus proche du jazz que de Bossuet. En 1919, Soupault engloutit un petit héritage dans la revue Littérature et, avec Breton, écrit Les Champs magnétiques, premier exemple d'écriture automatique.
Dada, la rupture, l'exclusion. Fasciné par Tristan Tzara, Soupault devient un dadaïste actif (portrait d'un imbécile qui est un miroir, scandale de la salle Gaveau en 1920). Mais Breton structure le groupe sur le modèle d'un parti, interdit le roman, dont Soupault écrit pourtant, et lui consacre dans Littérature un article de quatre pages blanches. Le 20 novembre 1926, un procès l'exclut du groupe (Naville, Breton) pour une activité jugée « contre-révolutionnaire » (romans, journalisme) et le refus de l'adhésion au PC ; Breton, Aragon et d'autres lui retirent leur poignée de main. Le second manifeste (1929) l'attaque de nouveau. Soupault y voit un phénomène de terreur, avec la comparaison hégélienne du commentateur sur l'exclusion sans fin.
Reporter, résistant, radio. Il s'éloigne des milieux littéraires et devient grand reporter (Miroir du monde), part aux États-Unis, écrit des romans (Les Dernières Nuits de Paris, 1928 ; Le Grand Homme, 1929, satire de Louis Renault, dont la famille l'a élevé et qui aurait racheté l'édition). Il rencontre Ré à Prague en 1934, fonde Radio Tunis en 1938, est emprisonné et torturé par les pétainistes, puis retrouve la poésie à Alger (revue Fontaine) : il parle d'une « intermittence poétique ». Avec Prévert, son humour revient ; il produit des centaines d'émissions de radio sur la poésie. La mort de Muriel Reed, sa compagne américaine (suicide en 1965), le laisse seul quai Voltaire, où Lachenal et Ritter deviennent amis puis éditeurs de ses œuvres. Il meurt en 1990, « le dernier dinosaure du surréalisme ».
Excerpts
“« quand on veut s'attaquer à une société il faut d'abord cassé sa rhétorique et son écriture »”
“« c'est la rupture avec le passé et une libération vis-à-vis des tabous »”
“« soupault c'est qu'il est un intermittent de la poésie »”