Levinas, Emmanuel
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ dix-huit minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance ; les répliques ne sont pas toujours attribuées avec sûreté)
Core ideas
Les griefs de Levinas contre Kierkegaard. Levinas, dont un texte est lu, dit qu'il lui reproche deux choses : avoir réhabilité la subjectivité singulière contre l'universel hégélien au prix d'une subjectivité « exhibitionniste, impudique », et la violence de sa manière de philosopher (« on philosophe avec un marteau », avant Nietzsche), dans laquelle il perçoit par anticipation certaines violences verbales d'une pensée ultérieure, nazie ou autre. Il demande comment l'éthique juive qu'il vit est compatible avec celle de Kierkegaard.
Éthique et religieux. On rappelle que, chez Kierkegaard, le stade éthique est une règle de conduite universelle, qu'il oppose au stade religieux, d'où l'opposition entre Agamemnon, qui sacrifie sa fille au nom de la patrie avec l'approbation générale, et Abraham, l'exception. Levinas répond que l'éthique première n'est pas dans l'universalité mais dans la relation à l'autre homme, au visage, où la subjectivité se pose comme irremplaçable ; ce n'est donc plus l'opposition de l'universel et du singulier. Selon lui, le moment le plus haut du drame n'est pas l'obéissance à la première voix, mais l'attention d'Abraham à la seconde voix, qui le ramène à l'ordre éthique en interdisant le sacrifice humain ; il cite la lecture du midrash sur « nous reviendrons vers vous » : Abraham n'a jamais douté que le sacrifice n'aurait pas lieu. Un autre intervenant soutient que « Abraham n'a jamais douté », que la foi est plus que la certitude, et que la vérité qu'il découvre est une vérité qui souffre.
La vérité persécutée. L'émission se clôt sur l'idée de Levinas, qu'il présente comme apportée par Kierkegaard : « l'humilité de la vérité persécutée est si grande qu'elle n'ose pas se présenter dans la clairière dont a parlé Heidegger » ; cette vérité se joue en deux temps (l'essentiel a été dit, mais rien n'a été dit), et la temporalité, plutôt que le concept, est la relation à l'absolu. Elle mettrait fin au jeu du dévoilement où l'immanence l'emporte toujours sur la transcendance, et traduit une époque qui a perdu confiance en l'authenticité historique des Écritures.
Excerpts
“« on philosophe avec un marteau »”
“« abraham n'a jamais douté »”
“« l'humilité de la vérité persécutés et si grande qu'elles n'osent pas se présenter dans la clairière dont a parlé heidegger »”