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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Serbat, Guy & Pantin, Isabelle

Serbat, Guy & Pantin, Isabelle

Serbat, Guy: latiniste, éditeur de l'Histoire naturelle

Pantin, Isabelle: historienne des sciences, spécialiste de l'astronomie de la Renaissance

Deux autres intervenants, aux noms mal restitués (François de Gand ? et Daniel Saunier ?), commentent l'œuvre ; une coproductrice prénommée Christine est également citée. Des extraits de l'Histoire naturelle et de la lettre de Pline le Jeune à Tacite sont lus par Claude Piéplu et Jean-Baptiste Malartre.

PLINE L'ANCIEN (23-79) – Une vie, une œuvre [2012]

Rien ne veut rien dire · May 5, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

L'émission s'ouvre sur la réputation de Pline : un compilateur sans esprit critique pour les chartistes du XIXe siècle. Un intervenant le défend comme un ethnologue qui rapporte les croyances de son peuple sans forcément les reprendre à son compte, et décrit le plaisir d'enfant de se perdre dans ses listes. Daniel Saunier juge le mépris anti-historique et rappelle que le « plagiat » antique était légitime et que Pline cite honnêtement ses sources. La lettre-dédicace à Titus annonce un ouvrage utile, sans agrément, sur « la nature, c'est-à-dire la vie », avec une table des matières à consulter. Guy Serbat retrace la vie d'un Gaulois cisalpin de Côme, chevalier et officier de cavalerie sur la frontière germanique, auteur d'un traité du lancer du javelot à cheval et d'une histoire des guerres de Germanie. Il a traversé discrètement les règnes de Caligula, de Claude et de Néron avant de devenir procurateur sous Vespasien. Serbat corrige l'image du rat de bibliothèque transmise par le neveu, tout en rappelant les deux mille volumes dépouillés et les fiches dictées à des secrétaires.

Un intervenant parcourt les trente-sept livres. Après le monde physique et la géographie vient l'homme, de la naissance aux grands hommes et à la mort. Les animaux commencent par l'éléphant, qui vénère la lune et répète sa leçon la nuit, puis viennent les plantes (le papyrus, quarante et une espèces de poires, les couronnes de fleurs), les remèdes, les eaux, les métaux et la peinture, avec une digression sur l'ordre équestre, enfin les pierres précieuses et leurs couleurs. Un autre souligne la continuité entre les règnes : des animaux qui connaissent les rites ou l'interdit de l'inceste, qui enseignent des techniques aux hommes, une nature entière conçue comme pharmacopée, le fer et la rouille qui soigne la blessure du fer. Il y voit aussi un sens de la mesure face à la magie. Serbat oppose à la taxinomie d'Aristote un défilé des animaux du plus noble au plus humble, à la manière des jeux du cirque : Pline veut moins expliquer que raconter l'homme dans la nature. Un intervenant relève son goût des origines, qui ouvre une profondeur du temps, des merveilles comme l'Iliade tenant dans une coquille de noix et des monstres des confins, qui passeront sur les chapiteaux romans.

Serbat renvoie dos à dos Buffon et les détracteurs du XIXe siècle : il faut savoir lire Pline. Il cite ses sources pour les faits incroyables mais ne les cite pas pour les faits établis, et fait preuve d'une ironie discrète envers les savants crédules. Il dénonce aussi la corruption de la nature, les falsifications et la mystification commerciale des produits exotiques. Un intervenant ajoute que Pline admire les inventions humaines, comme la greffe qu'enseigne l'oiseau. Isabelle Pantin commente le livre II sur le ciel : un catalogue flamboyant de comètes, l'idée, contraire à Aristote, qu'elles seraient des astres permanents, les parhélies et les feux de Saint-Elme vus par Pline lui-même. Elle y voit la sympathie stoïcienne d'un même feu, et un document que les astronomes de la Renaissance ont lu comme témoignage de possibles étouffés par Aristote. Elle montre aussi que la vision d'une nature inépuisable a pu sembler plus proche d'une approche chrétienne. L'émission lit le récit de la mort de Pline lors de l'éruption du Vésuve en 79, puis conclut sur une nature savoureuse et comestible, que l'on rapproche de Jean-Henri Fabre et des listes du Nom de la rose.

Excerpts

Un intervenant sur la méthode de Pline :

“il procède comme des blogs il raconte tout ce qu'on croit comme leurs aînés ce mois ci était quelque part au fond de l'afrique d'amazonie une recueille les croyances d'un peuple et il revient il a relaté la culture de ce peuple”

Un intervenant sur Pline et Aristote :

“est ce que vous ne pensez pas que là où aristote veut expliquer la nature pline il aime et il veut surtout la décrire la raconter [...] comme si un objet essentielle n'était pas la description rationnelle de la nature mais l'homme l'homme dans la nature”

Isabelle Pantin sur la valeur documentaire du livre II :

“c'est un beau texte est un texte au fond d'historiens avec les deux sens du terme historiens [...] c'est à dire l'historien c'est celui qui fait une description des choses plus qu'une analyse théorique et c'est aussi quelqu'un qui apporte des témoignages et donc il ya une richesse documentaire”