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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Girard, Frédéric & Robert, Jean-Noël & Yūkai & Régnier, Pierre & Boussemart, Anthony & Tamba, Akira

Girard, Frédéric & Robert, Jean-Noël & Yūkai & Régnier, Pierre & Boussemart, Anthony & Tamba, Akira

Girard, Frédéric: membre de l'École française d'Extrême-Orient

Robert, Jean-Noël: directeur d'études à l'École pratique des hautes études

Yūkai: médecin français devenu moine shingon, fondateur d'un temple shingon en Bourgogne

Régnier, Pierre: auteur d'un travail sur la philosophie du bouddhisme ésotérique

Boussemart, Anthony: auteur d'un mémoire sur le Kōya-san à l'époque Meiji

Tamba, Akira: compositeur et chercheur au CNRS

La productrice est mal restituée (Bénédicte Niogret ?). L'épouse de Yūkai, désignée par son nom religieux, intervient brièvement. Des extraits du Monastère de l'aube de Corinne Atlan sont lus par Yasmine Modestine. Les textes fondateurs du shingon, l'Iroha uta traduit par Bernard Frank et des passages de Pierre Rambach sont lus par Christophe [nom incertain].

KUKAÏ (774-835) : Le moine au cinq pinceaux – Une vie, une œuvre [2006]

Rien ne veut rien dire · Mar 19, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne, passages japonais inintelligibles.

Core ideas

L'émission présente Kūkai, sous son nom posthume de Kōbō Daishi, comme la figure la plus extraordinaire du bouddhisme japonais. Il fonde au IXe siècle le shingon, « école de la vraie parole », toujours vivant avec plus de 12 000 temples. On lui attribue le syllabaire japonais, une école ouverte à tous et des talents de poète, de peintre, de sculpteur et de calligraphe. Jean-Noël Robert décrit un héros culturel populaire et lettré, comme dans l'anecdote de la calligraphie chinoise anonyme que l'empereur Saga lui montre et qu'il avait lui-même écrite. Il évoque aussi la légende du « moine aux cinq pinceaux », qui écrivait de la bouche, des mains et des pieds. Frédéric Girard le présente comme le premier à avoir organisé un « ésotérisme pur » structuré, là où le Japon pratiquait un ésotérisme mélangé de rituels sans système. Robert replace la fondation dans le transfert de la capitale de Nara à Kyoto et dans le parcours parallèle de Saichō, fondateur du Tendai. Il retrace la jeunesse d'un élève brillant destiné à l'administration, qui rejette le système de sélection et se tourne vers le bouddhisme. Le Sangō shiiki, dialogue entre un confucéen, un taoïste et un bouddhiste, en offre une autobiographie spirituelle.

Yūkai raconte la pratique du gumonji, la répétition d'un million de mantras, qui mène à l'illumination dans une grotte de Shikoku, puis le voyage en Chine de 804. À Chang'an, Huiguo lui transmet en deux ans tous les enseignements, « comme un vase versé dans un autre », alors qu'il devait rester vingt ans. Yūkai insiste sur l'initiation comme transmission d'énergie et non d'une seule culture. Girard montre ce que Kūkai ajoute à la doctrine de l'Ornementation fleurie : là où le Bouddha éveillé reste silencieux, le monde entier devient le corps de Mahāvairocana. Tous les sons, voix, cris d'animaux ou pierre tombant dans l'eau, prêchent la loi, et l'éveil est possible « dans ce corps même ». Yūkai explique les trois mystères : geste (mudrā), parole (mantra) et pensée (visualisation). Pierre Régnier décrit les deux mandalas, Matrice et Diamant, qui représentent l'univers à partir d'un Bouddha central. Il montre que chaque partie contient le tout et que le corps du méditant peut devenir mandala, comme dans la pagode des cinq éléments. Girard compare ce schéma d'émanation et de conversion au néoplatonisme et y retrouve des catégories chinoises.

Anthony Boussemart raconte la fondation du Kōya-san en 816 sur un plateau entouré de huit pics. Il explique la croyance, propagée par des moines itinérants au Xe siècle pour sauver le monastère, selon laquelle Kūkai n'est pas mort mais en méditation jusqu'à la venue de Miroku. Il évoque aussi la séparation du bouddhisme et du shintō sous Meiji, qui détruisit les temples de Shikoku. Girard explique comment le rituel du feu, issu du brahmanisme, consume les passions jusqu'au bout plutôt que de les éteindre, une doctrine bien accueillie dans une culture où la passion amoureuse est le grand thème poétique. Robert décrit les correspondances ésotériques entre Inde, Chine et Japon, qui ont nourri l'idée d'une essence nationale. Akira Tamba compare le chant shōmyō au grégorien : une esthétique horizontale bouddhiste face à la verticalité chrétienne. L'émission se clôt sur la syllabe « A », matrice de tous les sons, et sur l'Iroha uta attribué à Kūkai, poème de l'impermanence qui use une fois chaque syllabe et que Robert présente comme une transposition japonaise des enseignements indiens.

Excerpts

Jean-Noël Robert sur Kūkai héros culturel :

“c'est un héros culturel populaire non seulement populaire mais même de littérature il ya des anecdotes très amusant qui qui montre lorsqu'il est représentant de la culture chinoise il dépasse les chinois”

Frédéric Girard sur le monde comme corps du Bouddha :

“le monde même est une manifestation du bouddha [...] tous les sons qui sont émis qu'il s'agisse de voix humaine de cris d'animaux ou simplement de bruit de hasard une pierre [...] qui tombe à l'eau tout à fait par hasard tout cela c'est la prédication de la loi par le bouddha”

Frédéric Girard sur les passions consumées :

“dans cette forme de bouddhisme [shingon] le feu des passions et quelque chose qu'il faut consumer absolument jusqu'au bout [...] il ya une saturation quand on a été jusqu'au bout de ses désirs il ya une saturation qui conduit à un détachement”