Raymond, Didier & Goldschmidt, Georges-Arthur & Bourel, Dominique
▶ Watch on YouTubeCoverage note: full (environ dix-huit minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; les locuteurs ne sont pas toujours distingués)
Core ideas
Une postérité inattendue. Le livre Le Monde comme volonté et comme représentation, qui avait eu une cinquantaine de lecteurs, est reconnu avec la deuxième édition. Les invités soulignent d'abord son influence sur la sexualité : Schopenhauer est le premier philosophe du XIXe siècle à voir dans l'instinct sexuel le moteur des hommes, sans analyse à la Freud ; le désir étant l'essence de l'homme, celui-ci oscille entre la souffrance du manque et l'ennui de la satisfaction : « quand l'homme n'a pas ce qu'il désire il souffre et quand il obtient ce qu'il voulait il s'ennuie ». Wagner (lu en 1854, Tristan), Nietzsche, Thomas Mann, Heinrich Mann, Bergson, Maupassant, Flaubert (Bouvard et Pécuchet) l'ont lu, et la musique, art placé au sommet parce qu'elle reproduit la volonté, a influencé Wagner.
Un usage ambigu. Une discussion porte sur la possibilité d'utiliser Schopenhauer dans le sens du nazisme : un invité y voit l'une des racines (ressentiment, désir d'élimination, vie « indigne de vivre », un lecteur parmi les organisateurs de l'extermination des malades mentaux), tandis que d'autres rappellent qu'on peut utiliser tout grand philosophe dans un sens ou un autre, et que sa conception de l'État vise à protéger les faibles. En France, la réception est multiple : la gauche l'a « déggermanisé » après 1870, la droite s'y réfère (Barrès), la génération fin de siècle voit en lui le représentant du mal du siècle et du pessimisme ; Sartre et l'existentialisme, la pensée de l'absurde et la critique du rationalisme et des philosophies de l'histoire en descendent sans le reconnaître.
Pessimisme, clarté, art. Son tempérament joyeux (il aimait manger, vivre) contraste avec une philosophie désespérée ; il refuse le progrès : « toute la philosophie ne sert qu'à préparer la fin du monde ». Un texte lu défend la clarté : « l'obscurité du style est toujours un symptôme fâcheux car elle est le signe d'une pensée vague ». Les invités concluent que l'art est la seule thérapeutique, le seul moment où l'homme dit oui à la vie.
Excerpts
“« quand l'homme n'a pas ce qu'il désire il souffre et quand il obtient ce qu'il voulait il s'ennuie »”
“« l'obscurité du style est toujours un symptôme fâcheux »”
“« il y a quand même l'art qui est la seule thérapeute le seul salut »”