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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Soupault, Philippe & Sabatier, Robert & Delbourg, Patrice & Kaplan, Nelly

Soupault, Philippe & Sabatier, Robert & Delbourg, Patrice & Kaplan, Nelly

Soupault, Philippe: archives

Sabatier, Robert: écrivain, de l'Académie Goncourt, auteur d'une Histoire de la poésie française

Delbourg, Patrice: poète et critique littéraire à L'Événement du jeudi

Kaplan, Nelly: écrivaine et cinéaste

Le récit biographique, adressé à Soupault à la deuxième personne, est dit par Martine Sarcey et Jean-Pierre Marielle ; des chansons sur des textes de Soupault (Mouloudji, Catherine Sauvage, Cora Vaucaire) et des extraits de ses œuvres radiophoniques ponctuent l'émission.

Une vie, une œuvre : Philippe Soupault (1897-1990), l'éternelle jeunesse d'un homme libre

Rien ne veut rien dire · Jul 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Construite comme une longue lettre posthume au poète, l'émission suit la vie de Soupault, ponctuée par le chiffre 7. Il naît en 1897 dans une grande bourgeoisie aisée, fils d'un médecin des hôpitaux chaleureux et rieur et d'une mère austère. La nurse anglaise de ses cousins l'initie aux nursery rhymes. Il perd son père à sept ans et passe sous la tutelle d'un conseil de famille où siège son oncle Louis Renault, qu'il détestera et dont il fera la satire dans Le Grand Homme. Dans ses archives, Soupault explique qu'il a appris à se défendre des adultes par la moquerie et qu'il étouffait dans un monde où seul l'argent comptait. Il découvre Rimbaud par un condisciple qui finira par se suicider. La guerre de 1914, qui tue une grande part de ses camarades de lycée, lui laisse une conscience permanente de la mort et nourrit la révolte de sa génération contre les précédentes. Hospitalisé après un vaccin expérimental contre la typhoïde, il envoie ses premiers poèmes à Apollinaire, qui le publie, l'encourage et lui présente André Breton.

L'émission retrace la naissance du surréalisme : la découverte des Chants de Maldoror lus à voix haute avec Breton, Aragon et Fraenkel, la revue Littérature qu'il finance en 1919, puis l'écriture automatique des Champs magnétiques en quinze jours. Inspirée de Freud et de Pierre Janet, l'expérience produit des images et un humour inattendus, mais aussi des hallucinations et une tentation du suicide qui les obligent à s'arrêter. Viennent ensuite l'arrivée de Tzara et le scandale dada, avec le récit de la soirée de la salle Gaveau sous les œufs et les biftecks. Soupault voit dans le scandale un moyen de faire regarder la peinture de Max Ernst, et dans Dalí un tricheur qui en a fait un commerce. Il refuse les jugements de valeur qui s'installent dans le groupe et l'engagement politique, citant Goethe : un poète qui s'affilie à un parti perd sa liberté d'esprit. En novembre 1926, il est « excommunié » lors d'un procès présidé par Breton, qu'il trouve dérisoire. Il rend hommage aux femmes qui ont « émerveillé » les surréalistes et à son poème d'amour Georgia.

Libéré du groupe, il cède au besoin rimbaldien de partir et devient grand reporter pour Le Petit Parisien : l'Amérique de la crise, l'Allemagne où il croise Hitler, dont le regard d'aveugle le frappe, et l'URSS, où il garde de Staline un souvenir de cruauté. Ses mises en garde contre Hitler inquiètent les journaux. Grâce à Pierre Brossolette, il passe à la radio puis dirige Radio Tunis contre la propagande mussolinienne. Révoqué et emprisonné par Vichy en 1942, il écrit l'Ode à Londres bombardée, puis travaille aux Amériques. Après la guerre, il devient un grand homme de radio avec Paul Gilson : Prenez garde à la poésie révèle Poiret et Serrault, et ses adaptations de contes (Andersen, Swift, Poe) lui valent le prix Italia. Le suicide de sa compagne Muriel en 1965 et un cancer de la gorge assombrissent la fin, ponctuée de mémoires et de prix. Robert Sabatier se souvient d'un « éternel jeune homme ». Patrice Delbourg salue sa liberté face à un Breton « pape excommunicateur » et à un Aragon « troubadour stalinien ». Nelly Kaplan le dit « irrécupérable ».

Excerpts

Philippe Soupault, en archive, sur l'écriture automatique :

“nous nous mettions devant une table nous prenons une plume et feuilles de papier et nous écrivions exactement ce qui nous passait par la tête [...] quel grand étonnement nous avons vu jaillir des images que nous aurions pas pu inventer de sang froid si je puis dire et même ya une chose qui t'a fait surprenante c'est que y avait dans ses pages un humour tout à fait extraordinaire”

Philippe Soupault, en archive, sur la génération de 1914 :

“parmi les camarades de lycée il y en a au moins 40% qui ont été tuées et depuis cette époque depuis cet âge de 17 ans n'avons jamais cessé de penser la mort était près de nous [...] il fonde beaucoup de gens de ma génération une sorte de révolte et un besoin de faire vraiment une espèce de l'accusation des générations antérieures”

Robert Sabatier sur Soupault :

“c'est un homme joyeux plein alors surtout plein de dynamisme et de chaleur qui voulait qui était moderne qui a été un chantre de la modernité jusque dans ses derniers jours il n'a jamais était vieux [...] moi j'ai le souvenir d'une sorte d'éternel jeune homme”