MNEMOSYNEv0.1.2563

Podcasts/Rien ne veut rien dire/Petitfils, Jean-Christian & Duquesne, Jacques & Banon, Patrick & Boyer, Frédéric & Viel, Tanguy

Petitfils, Jean-Christian & Duquesne, Jacques & Banon, Patrick & Boyer, Frédéric & Viel, Tanguy

émission de Mathieu Garrigou-Lagrange, réalisée par Anne Sécheraient, avec Jean-Christian Petitfils (historien, biographe de Jésus), Jacques Duquesne (journaliste, auteur de livres sur Jésus et Marie), Patrick Banon (auteur de Jésus, la biographie non autorisée), Frédéric Boyer (spécialiste des textes bibliques) et Tanguy Viel (écrivain, Cet homme-là) ; lectures d'évangiles et du témoignage de Flavius Josèphe

JÉSUS-CHRIST (vers 7 av. J.-C. - 30 ap. J.-C.) – Une vie, une œuvre [2012]

Rien ne veut rien dire · May 6, 2017 · partial coverage

▶ Watch on YouTube

Coverage note: full (environ cinquante-trois minutes ; sous-titres YouTube automatiques en français, très fautifs par endroits)

Core ideas

La passion et les sources. Les invités décrivent la crucifixion comme une mort ignominieuse, réservée aux esclaves et aux rebelles, et reconstituent le procès (autorités juives, Ponce Pilate, scénario politique et religieux) ; Petitfils s'appuie sur des « reliques de la Passion » (linceul de Turin et autres linges) qu'il juge authentiques, ce que l'émission présente sans le valider. Pour l'existence historique de Jésus, ils citent Flavius Josèphe (livres publiés à partir de 79) et des sources romaines (notamment Pline le Jeune et Tacite), puis soulignent que les évangiles, « pas des récits historiques au sens strict », sont des textes de foi, issus d'une tradition orale (techniques de mémorisation rabbiniques, aide-mémoire) puis fixés ; le canon a mis « cinq siècles » à s'établir, les évangiles apocryphes (protévangile de Jacques, évangile arabe de l'enfance) renseignant davantage sur les communautés chrétiennes que sur Jésus.

Un juif pieux, radical et paradoxal. Les invités insistent sur le Jésus des historiens juifs et chrétiens : juif pieux, proche des pharisiens, contemporain d'un monde en crise (destruction du Temple en 70), prédicateur itinérant entouré de petites gens (pêcheurs, Matthieu le collecteur) et de femmes, qui annonce un royaume d'amour et de pardon (la femme adultère, le plus grand commandement) en radicalisant la loi (« l'intérioriser »), à la différence de Jean-Baptiste. Boyer et Viel soulignent son charisme ambivalent (l'anecdote du figuier), sa pratique du contre-pied, et Duquesne la question des « frères » de Jésus (Actes, Paul) ; pour Banon, le christianisme est une avancée humaniste (rôle des femmes, distance avec la sexualité, émancipation de la terre).

Ce que fait le récit. Viel soutient que l'important est le récit qui s'est construit à partir de l'apparition de quelqu'un, la croyance étant « un récit » : « la mort n'est pas la fin du récit ». Les historiens s'arrêtent devant le tombeau vide et le suaire, sans trancher. L'émission situe aussi Nazareth (petit village), la famille de Jésus, et le choix des évangiles canoniques (les plus sobres, avec un effet de réel) au détriment des textes plus miraculeux.

Excerpts

“« les évangiles ne sont pas des récits historiques au sens strict »”

“« le canon chrétien a mis cinq siècles à s'établir »”

“« la mort n'est pas la fin du récit »”