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Constantinidès, Yannis

philosophe, professeur ; « Constantinidas » dans les sous-titres ; auteur de Le nouveau culte du corps dans les pas de Nietzsche et co-auteur de Nietzsche l'éveilleur

Le Crépuscule des idoles (2/4) : Ce que je dois aux Anciens

Rien ne veut rien dire · Jun 17, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et les termes grecs)

Core ideas

Une dette paradoxale envers les Anciens. Le dernier chapitre du Crépuscule, ajouté tardivement, commence par l'éloge des Romains (Horace, mosaïque de mots, style « noble par excellence ») avant de parler des Grecs. Constantinidès y lit le geste ironique de Nietzsche : les Romains peuvent servir de modèle de style, les Grecs sont trop exubérants pour être imités ; l'héritage grec n'est pas évident et il faut en faire un héritage actif, aller « au-delà des Grecs » plutôt que s'y conformer. Nietzsche valorise Thucydide (réalisme froid, sans jugement moral, dialogue des Méliens et des Athéniens) contre Platon, « lâche » qui fuit dans l'idéal ; il rejette l'idéalisation scolaire des Grecs (« belles âmes, miracles d'équilibre ») et réhabilite les sophistes.

Décadence, volonté de puissance et dionysiaque. Les Grecs ne sont pas sereins : leurs institutions naissent de mesures préventives contre des instincts explosifs, et Socrate arrive à un moment de fatigue et de décadence, auquel la morale « parle » ; le « vrai miracle grec » est d'avoir donné une impression de sérénité en étant travaillés par des forces discordantes. Le dionysiaque désigne la surabondance de la vie, création et destruction, un « oui » à la vie jusque dans sa souffrance (Nietzsche contre Aristote et la catharsis) ; Apollon n'est pas écarté, il est intégré au dionysiaque comme une maîtrise dans l'excès, à « cinq pas de la tyrannie » : discipline qui tient la violence sans la réprimer. Constantinidès rappelle que la volonté de puissance est d'abord un constat sur les Grecs (Thucydide) et l'extrait d'Artaud illustre la folie du « oui » à la souffrance.

L'éternel retour comme épreuve. Pour Constantinidès, l'éternel retour n'est pas une doctrine cosmologique mais une épreuve du caractère (aimer la vie au point de vouloir revivre éternellement chaque instant, même « une journée de merde »), qui récapitule le Crépuscule et la première inversion des valeurs (La Naissance de la tragédie). Il oppose le chameau, qui porte passivement l'héritage, à « l'héritier parfait » du Zarathoustra qui l'assume et le fait fructifier : il faut « racheter le passé » pour créer l'avenir, sans retour en arrière (les Grecs ne sont pas un modèle à copier), vers de nouvelles valeurs et le surhumain.

Excerpts

“« le vrai miracle grec c'est d'avoir donné cette impression de sérénité alors qu'ils étaient travailler de l'intérieur par ces forces discordantes »”

“« c'est la maîtrise dans l'excès »”

“« il faut racheter le passé pour créer l'avenir »”