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Podcasts/Rien ne veut rien dire/[Not Set]

[Not Set]

Montage radiophonique sans invité : un texte de commentaire rédigé par Marthe Robert et Arthur Adamov est dit par des récitants, et des extraits de L'Éducation sentimentale, de la correspondance avec George Sand et de Bouvard et Pécuchet sont joués par des comédiens (dont Fernand Ledoux et Michel Bouquet) ; une brève citation de Pierre Bergounioux ouvre la rediffusion.

L'art et la vie de Gustave Flaubert (2/4) : De L'éducation sentimentale à Bouvard et Pécuchet

Rien ne veut rien dire · Dec 8, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Le commentaire présente L'Éducation sentimentale, d'abord intitulée Les Fruits secs, comme l'histoire transposée de l'amour de Flaubert pour Élisa Schlésinger, amour peut-être partagé mais jamais réalisé, sur fond de société parisienne de 1830 à 1850. Contrairement à Madame Bovary, construit sur une montée dramatique, le roman avance par phases d'égale importance, comme une « épopée de la vie ordinaire » affectée d'un signe négatif. Le retour de Frédéric Moreau n'accomplit rien, c'est une régression. Dès la scène du bateau qui ouvre le livre, Frédéric est immobile pendant que les choses défilent devant lui, et chaque personnage reçoit un emblème qui le résume (l'album de Frédéric, la broderie de Mme Arnoux, « Pénélope dérisoire »). Frédéric ne fait jamais le geste qui romprait le charme, et lui comme Deslauriers sont imperméables à l'expérience, à la manière de Don Quichotte.

Les récitants jouent la scène où Frédéric voit Sénécal tuer Dussardier pendant le coup d'État, puis le « blanc » que Proust admirait (« Il voyagea »), la dernière visite de Mme Arnoux aux cheveux blancs et la conversation finale avec Deslauriers sur la maison de la Turque : « C'est là ce que nous avons eu de meilleur ». Pour le commentaire, la vie de Frédéric se déroule entre le « pas encore », le « trop tard » et le « déjà plus », et le présent s'effondre par l'usage nouveau des temps verbaux, l'imparfait et le passé simple, qu'avait relevé Proust. Kafka comparait la fin du roman à celle de Moïse qui n'entre pas en Canaan. Le roman échoue pourtant, et George Sand reproche à Flaubert des personnages qui subissent sans agir et une écriture pour vingt lecteurs. Flaubert répond qu'il est « collé sur la terre comme par des semelles de plomb ».

L'émission retrace la fin de sa vie : la mort de Bouilhet, la guerre de 1870 qui lui fait prédire un monde « utilitaire et militaire », la troisième Tentation déterrée de son jardin et achevée en 1872, la mort de sa mère, l'échec du Candidat, puis la ruine qu'il accepte pour sauver sa nièce. Les Trois contes, écrits notamment pour répondre à George Sand, morte avant Un cœur simple, connaissent un grand succès en 1877. Flaubert meurt le 8 mai 1880, épuisé par Bouvard et Pécuchet, livre posthume accueilli avec rage, que Barbey d'Aurevilly voudrait mettre « sur sa tombe comme une croix ». Le commentaire y voit un Faust à deux têtes et un nouveau Don Quichotte, une image tendre de l'amitié et du couple. Les deux copistes, d'abord caricatures, se confondent peu à peu avec Flaubert, et leur faculté nouvelle de voir la bêtise et de ne plus la tolérer les fait souffrir. Contrairement à Frédéric, ils parviendraient selon les notes laissées par Flaubert à une forme de sagesse, et finissent par revenir à la copie.

Excerpts

Le commentaire sur l'épopée négative de Frédéric Moreau :

“l'histoire de frédéric moreau et l'épopée d'un retour mais tandis que le retour d'ulysse par exemple représente l'accomplissement d'une mission l'achèvement d'un cycle celui de frédéric n'est qu'une régression dans le temps donc un échec annulant tous les efforts antérieurs”

Le commentaire sur la destruction du présent dans le roman :

“on peut dire que toute la vie de frédéric moreau se déroule entre le pas encore le trop tard et le déjà plus rejeter continuellement vers son passé ou plutôt vers l'image idéalisée d'un passé qui n'a jamais été vécu comme présent lancé sans cesse par ses désirs dans un avenir qui ne sera pas vécu davantage”

Flaubert, lettre à George Sand, lue dans l'émission :

“voilà ce qui nous sépare essentiellement vous partez de la priory de la théorie des l'idéal moi pauvre bougre je suis collé sur la terre comme par des semelles de plomb tout mais me déchire me ravagé je fais des efforts pour monter”