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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Peeters, Benoît & Bouretz, Pierre & Derrida, Jacques & Michaud, Yves & Van Reeth, Adèle

Peeters, Benoît & Bouretz, Pierre & Derrida, Jacques & Michaud, Yves & Van Reeth, Adèle

Peeters, Benoît: écrivain, biographe de Jacques Derrida

Bouretz, Pierre: philosophe, auteur de D'un ton guerrier en philosophie. Habermas, Derrida & Co

Derrida, Jacques: archives

Michaud, Yves: philosophe, auteur de Qu'est-ce que le mérite ?, invité du journal de fin d'émission

Van Reeth, Adèle: productrice, journal de fin d'émission

Un extrait de Kant (D'un ton supérieur nouvellement pris en philosophie) est lu par un comédien.

Les spectres de Derrida (2/5) : Derrida et la polémique avec Habermas

Rien ne veut rien dire · Jul 5, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité ; l'émission inclut un journal de fin d'émission sur le mérite et une recension sur Beccaria.

Core ideas

L'émission part d'une maxime d'Aurore de Nietzsche, « tu dois chaque jour mener aussi campagne contre toi-même », que Pierre Bouretz cite trois fois dans son livre. Il y voit la loyauté que Derrida reprendra pour qualifier sa discussion finale avec Habermas, et la règle de l'éthique de la discussion habermassienne, qui reconstruit la raison à partir d'un échange argumenté et loyal. Benoît Peeters rappelle que le dernier entretien de Derrida s'intitulait d'abord « Je suis en guerre avec moi-même » et que l'aporie, l'instabilité de l'énoncé, était pour lui le « courage de la pensée ». Bouretz explique son titre, qui joue avec deux textes : celui de Kant contre les philosophes de l'intuition qui se dispensent de travailler, et le commentaire de Derrida sur un ton « apocalyptique ». Il souligne le paradoxe d'un Kant guerrier et d'un Nietzsche apaisé.

Peeters retrace la querelle. Bien accueilli d'abord en Allemagne, Derrida devient une « brebis galeuse » au milieu des années 1980, avec l'affaire Heidegger et la découverte d'articles antisémites de jeunesse de Paul de Man, qu'il défend « peut-être un pas trop loin ». Suhrkamp cesse de le publier et il se tourne vers les États-Unis. Bouretz analyse Le Discours philosophique de la modernité (1985), où Habermas, peintre qui se met dans le tableau, range Derrida dans une surenchère de la critique de la modernité après Nietzsche et Heidegger. Il lui reproche d'effacer la différence entre philosophie et littérature. Derrida réplique que c'est au nom de la discussion transparente qu'on bafoue les règles de la discussion, et que Habermas l'a critiqué à travers des résumés, sans le lire. Bouretz décrit la réconciliation : la rencontre fortuite à Chicago en 1998, la discussion à huis clos au séminaire d'Axel Honneth à Francfort, puis le discours Fichus pour le prix Adorno, le 22 septembre 2001, où Derrida se fait une place dans la famille de Francfort par une lettre de Benjamin à Gretel Adorno.

Le 11 septembre scelle l'alliance dans Le « concept » du 11 septembre. Derrida y refuse toute innocence politique tout en éprouvant une compassion sans limite. Il retourne la « justice sans limite » de Bush, mais finit par choisir New York contre Kaboul, à l'opposé de Baudrillard. Bouretz relie cela à Force de loi : le droit est déconstructible, la justice ne l'est pas. Peeters rappelle un Derrida jeune professeur qui revenait sans cesse à Kant. Les deux hommes partagent l'idée d'une Europe héritière sans eurocentrisme. Raphaël Enthoven conteste une complexité qui servirait d'alibi, sur Heidegger ou sur l'hostilité à Israël. Peeters répond par l'hospitalité inconditionnelle tenue avec ses normes politiques, et Bouretz par un Derrida qui « aide à penser ». L'émission finit sur l'archive où Derrida raconte son exclusion de l'école en 1940 et son malaise dans la communauté juive. Dans le journal, Yves Michaud défend une notion de mérite proche de l'éthique des vertus.

Excerpts

Pierre Bouretz sur la lecture de Habermas :

“si on veut résumer pour habermas derrida c'est de la littérature comme on dirait de manière un peu un peu péjorative [...] mais derrière ça il ya des vrais enjeux c'est ces enjeux là que j'ai essayé de reconstruire”

Benoît Peeters sur la lecture chez Derrida :

“quand il a lu foucault ou quand il a lu lévi strauss [...] il les a lus dans le texte mot-à-mot et il dit toujours que son effort de déconstruction ne se portent que sur des oeuvres qu'ils estiment et qu'il a estimé devoir lire mot-à-mot avec avec patience et générosité [...] et habermas à ce moment là ne le fait pas il lit derrida à travers les autres”

Jacques Derrida, en archive, sur l'exclusion de l'école :

“quand j'ai eu dix ans j'ai été chassé de l'école [...] mais ce qui était le plus douloureux [...] c'était dans la rue avec les les insultes des enfants sale juif la violence avec laquelle ça s'exprimer ça c'était l'expérience quotidienne de la persécution des enfants par les enfants”