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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Hadot, Pierre & Saffrey, Henri-Dominique & Segonds, Alain

Hadot, Pierre & Saffrey, Henri-Dominique & Segonds, Alain

Hadot, Pierre: professeur au Collège de France

Saffrey, Henri-Dominique: professeur à l'Institut catholique, éditeur de la Théologie platonicienne

Segonds, Alain: chargé de recherche au CNRS, éditeur de Proclus

Michel Cazenave interroge les invités et propose ses propres lectures ; des extraits de Proclus, de Jamblique et de Platon sont lus par Annie Dana.

PROCLUS (412-485) ou le néoplatonisme – Une vie, une œuvre [1987]

Rien ne veut rien dire · May 6, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

Pierre Hadot distingue trois âges du platonisme. Il y a d'abord une Académie dialectique jusqu'au Ier siècle avant notre ère, puis un platonisme exégétique qui reconstruit un système dogmatique à partir des dialogues, enfin, avec Plotin, un néoplatonisme de plus en plus mystique. Avec Porphyre, Jamblique et Proclus, celui-ci devient théologique et théurgique, sous l'effet des Oracles chaldaïques, un faux sans doute rédigé sous Marc Aurèle mais reçu comme révélation divine. Pour Jamblique et Proclus, la pensée n'est plus qu'un moyen inférieur aux rites inspirés par les dieux. Alain Segonds explique pourquoi l'école commence par le Premier Alcibiade : connais-toi toi-même. L'âme y apparaît comme médiation entre l'intelligible et le sensible, porteuse de « raisons » (logoi), des schèmes mathématiques, logiques et éthiques qu'elle ne fait que réactualiser. Michel Cazenave et Segonds y voient une réhabilitation de la matière, reflet de la beauté, face à la dévaluation platonicienne du corps.

Henri-Dominique Saffrey rattache la théologie négative au Parménide, lu comme le texte central du néoplatonisme. La découverte de Syrianus, le maître de Proclus, est qu'il y a autant de conclusions négatives dans la première hypothèse que de positives dans la deuxième. D'où deux voies : nier de l'Un tout ce qu'il n'est pas, et attribuer les propriétés positives aux degrés divins inférieurs. Cazenave décrit ensuite la procession verticale de l'Un jusqu'à la matière, doublée d'une participation horizontale à chaque degré. Hadot souligne l'hostilité foncière du néoplatonisme envers les gnostiques, pour qui un démiurge ignorant produit le mal, alors que pour les néoplatoniciens le mal n'est que le dernier degré du rayonnement du bien. Elle s'étend à la création chrétienne, mais les deux adversaires se contaminent : de Grégoire de Nysse au pseudo-Denys, la mystique chrétienne est imprégnée de Proclus. Segonds montre un Proclus attaché à l'éternité d'un monde trop beau pour périr. Dans l'Hypotypose, seule critique rationnelle des hypothèses astronomiques avant le XVIIe siècle selon lui, Proclus rejette la précession des équinoxes et les excentriques de Ptolémée au nom des Oracles, tout en reconnaissant que l'univers dépasse l'intellect humain.

Saffrey montre un Proclus qui mobilise toutes les facultés, y compris l'imagination : dans la lignée de Syrianus, il harmonise Platon, les poèmes orphiques et les Oracles, et lit les mythes scandaleux par l'allégorie, voie parallèle à la théologie négative pour dire l'ineffable. Il raconte deux anecdotes de la Vie de Proclus par Marinus : le portier d'Athènes qui allait fermer, et le songe d'Athéna, chassée du Parthénon, qui vient habiter chez lui. Sa philosophie est une philosophie du salut. Saffrey défend sa thèse d'un pseudo-Denys élève direct de Proclus et retrace la transmission par le Livre des causes, tiré des Éléments de théologie, enseigné à Paris et démasqué par Thomas d'Aquin. Hadot prolonge l'influence jusqu'à Maître Eckhart, Berthold de Moosburg et les dominicains rhénans, puis à Hegel, « Proclus allemand », les Éléments ayant pu servir de modèle à l'Éthique de Spinoza. Cazenave évoque aussi Jean Scot Érigène et, via Henry Corbin, l'école de l'ishrâq de Sohravardî.

Excerpts

Pierre Hadot sur le tournant théurgique :

“alors que pour plotin et pour porphyre on peut entrer en contact avec dieu par la pensée pour jean blick est propre plus la pensée n'est qu'un moyen inférieur par rapport à ces pratiques qui ont été inspirés au plus tôt même décrite est voulue par les dieux des oracles calda hic et c'est cela qui est le plus haut niveau de la philosophie”

Henri-Dominique Saffrey sur la théologie négative :

“quand il s'agit d'aller au premier principe il est toujours plus facile de dire ce qu'il n'est pas que ce qu'il est et que la somme est de la théologie négative c'est précisément de nier tout ce que l'on peut dire sur le principe de telle manière qu on arrive à une voix pure”

Alain Segonds sur la critique de l'astronomie :

“l'univers est tellement beau et à un tel produit de l'intellect divin qu'il est à peu près impossible pour un simple l'intellect humain de s'élever à la compréhension et la connaissance de cet univers bien qu'ils le doivent [...] donc il ya un fond un fond de scepticisme assez étonnant”