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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Thévoz, Michel & Bonfand, Alain & Patier, René & Dubuffet, Jean

Thévoz, Michel & Bonfand, Alain & Patier, René & Dubuffet, Jean

Thévoz, Michel: directeur du musée de l'Art brut de Lausanne

Bonfand, Alain: professeur d'histoire et théorie de l'art à l'École des beaux-arts de Paris

Patier, René: Fondation Jean Dubuffet

Dubuffet, Jean: archives

Plusieurs jeunes artistes interviennent sur leur rapport à Dubuffet ; leurs noms sont mal restitués au générique (dont un Frédéric Geiger). Des enfants d'un centre de loisirs d'Issy-les-Moulineaux s'expriment aussi. Un comédien lit des lettres de Dubuffet à son ami Jacques (Berne) et des extraits de ses écrits.

Une vie, une œuvre : Jean Dubuffet (1901-1985)

Rien ne veut rien dire · Jul 30, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité médiocre, avec des passages de poésie sonore et de textes de Dubuffet presque incompréhensibles ; l'attribution de certains propos est incertaine.

Core ideas

Le documentaire mêle archives de Dubuffet, lettres lues et témoignages. Des artistes d'aujourd'hui disent ce qu'ils lui doivent : le goût des effets non voulus, qui font apparaître l'œuvre comme « non faite par moi-même », la combinatoire et l'assemblage, l'inversion du « cône de vision » qui ouvre la perception à une profusion de données. Dubuffet revendique, en archive, une attirance pour le grotesque, qui serait bouleversant et non satirique, et dit peindre pour sa seule délectation. Il emploie des matériaux neufs, plâtre, goudron, sable, cendre, par méfiance envers ceux qui ont déjà servi à l'art. Un intervenant souligne le malentendu qui en résulte : Dubuffet voulait un art accessible à tous, fait de matériaux ordinaires, mais le public a refusé d'y voir de la peinture, ce qui obligeait la critique à adopter un discours poétique plutôt qu'analytique.

Michel Thévoz retrace la biographie intellectuelle. Fils d'un négociant en vins du Havre cultivé et exigeant, Dubuffet aurait vécu la culture paternelle comme une prison intériorisée, l'ennemi étant en lui-même, d'où une forme de dépression jusqu'à ce qu'il devienne vraiment peintre à 42 ans. Thévoz décrit deux personnages antithétiques, le notaire normand érudit, amateur de langues mortes et de langage juridique, et l'enfant rebelle, anticulturel et antiparisien. Dubuffet aurait passé de l'un à l'autre comme un courant alternatif, de la folie à l'extrême lucidité. Sa quête de « l'homme du commun » se révèle une utopie, et l'alternative à la culture se trouverait plutôt chez ceux qui l'ont assez assimilée pour la contourner. L'art brut (le Facteur Cheval, une vieille dame qui détricotait chaque jour ses images, des auteurs qui détruisent leurs œuvres) sert de modèle à une « guérilla culturelle » : retourner contre la culture ses propres armes, musées, fondation, catalogue raisonné, dans un projet d'autodestruction féconde.

Alain Bonfand commente les carnets où Dubuffet note, jour après jour en 1947, la fabrication des portraits d'Artaud, Michaux ou Ponge. Il y lit un projet anti-psychologique, la recherche de « l'élémentaire » humain, et surtout une théorie de « l'empêchement » : multiplier les obstacles à la ressemblance pour que l'objet surgisse plus violemment, une phénoménologie de l'apparition qui fait penser à Hegel. Les dernières années sont évoquées : le Coucou Bazar, la villa Falbala, gardée par René Patier, ancien cheminot pour qui la découverte de l'œuvre fut « la grande révélation de [sa] vie », et les grands Mires et Non-lieux. Peints par un homme presque paralysé, ce seraient des tableaux immergés dans leur propre espace, à la manière de l'observateur inclus dans le système observé de la science contemporaine, jusqu'à l'arrêt délibéré de son travail en décembre 1984. Thévoz conclut sur la responsabilité qu'il laisse face à l'homogénéisation médiatique : rester inventif dans les symboles et les mots eux-mêmes. Une dernière lettre, de février 1985, dit l'aversion de Dubuffet pour les émissions de radio.

Excerpts

Jean Dubuffet, en archive, sur le grotesque :

“je dois dire que j'ai une attirance pour le grotesque non pas du tout dans le sens compte de satire qu'on m'a prêté car il n'y a pas de position détruits soit plus étranger à la mienne mais il me semble qu'il ya dans lé caractère grotesque quelque chose de bouleversant et moi j'aime qu'une oeuvre d'art bouleverse j'aime qu'une oeuvre d'art a peint un très grand coup dans l'estomac”

Michel Thévoz sur la culture paternelle :

“dubuffet jeunes s'est sentie pourvu d'armes culturel pour aller dans la vie [...] et en même temps il a senti que tout cela que tout cet arsenal intellectuelle était un carcan était une prison donc il a ressenti ce sentiment assez étrange que l'ennemi auxquelles ils devaient s'affronter l'ennemi au fond paternel était en lui même”

Alain Bonfand sur l'empêchement :

“il dit plus loin je suis toujours poursuivi par ce sentiment que le peintre a beaucoup à gagner à céder des forces qui tendent à contrarier son action il obtiendra ainsi que son objet surgissent dans le tableau plus fortement par le moyen d'y multiplier les empêchements à ce que cet objet surgissent”