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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Wismann, Heinz

Wismann, Heinz

directeur d'études à l'EHESS, coauteur avec Jean Bollack d'Héraclite ou la séparation, Minuit ; son nom est brouillé dans les sous-titres

La pensée avant Socrate (3/4) : Héraclite

Rien ne veut rien dire · May 5, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, de qualité inférieure à ceux de l'autre version de la même émission, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance sur les noms et les passages grecs)

Core ideas

Sarcasme et conscience tragique. Même contenu que l'autre enregistrement de cette émission : Wismann corrige l'image d'un Héraclite pessimiste et pleurant (René Char, Nietzsche), pour y voir un sarcasme et « plutôt que de pessimisme on pourrait parler de conscience tragique », sans pathos. La première phrase du recueil soutient que, lorsque nous parlons, nous ne nous entendons pas dire ce que nous croyons dire : le logos a une faille, qui ruine toute spéculation prétendant viser une représentation. D'où les jeux sur bios (arc/vie), l'attaque contre Homère « Bible de l'époque », les sacrifices qui lavent le sang par le sang. Le fragment 1 commence par un « or » (de), en réponse à un discours implicite (Pindare) ; Aristote note que le sens de « toujours » dépend de la ponctuation : rattaché à ce qui précède, logos devient raison universelle, rattaché à ce qui suit, c'est le discours d'Héraclite.

Le feu, le fleuve, l'arc. Le feu vit de ce qu'il consume ; la lecture stoïcienne en fait à tort un principe de la totalité. Le fragment sur le fleuve ne parle pas d'un devenir qui échappe : « sans la pression des deux rives il n'y aurait pas de fleuve qui coule », comme sans la corde il n'y a pas d'arc qui lance la flèche ; « toute la dynamique du changement que nous observons est en réalité le résultat d'une tension immobile des contraires ». Le chemin vers le haut et vers le bas sont le même. Le pied qui cache le soleil (« le soleil est de la grandeur de mon pied ») est une dérision de toute spéculation sur sa taille. Héraclite est plus proche des sophistes (le langage produit du réel) que d'une métaphysique ; il a quitté la ville pour le temple d'Artémis ; il critique l'opinion publique (« mieux vaudrait pendre tous les Éphésiens ») et la justice (Pascal : la force fait la justice). Le dialogue de Lucien (Démocrite qui rit, Héraclite qui pleure) est un contresens. La chronique de fin présente le premier numéro de la revue Sensibilités consacré à l'« anatomie du charisme » (Weber, Trump).

Excerpts

“« plutôt que de pessimisme on pourrait parler de conscience tragique »”

“« sans la pression des deux rives il n'y aurait pas de fleuve qui coule »”

“« toute la dynamique du changement que nous observons est en réalité le résultat d'une tension immobile des contraires »”