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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Matthieussent, Brice

Matthieussent, Brice

écrivain, traducteur de Bukowski, enseignant d'histoire de l'art contemporain à Marseille ; « Matthieussent » altéré dans les sous-titres

L’ivresse poétique (4/4) : Bukowski

Rien ne veut rien dire · Dec 14, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres)

Core ideas

L'ivresse comme état premier, non comme méthode. À l'inverse de Baudelaire, Rimbaud ou Apollinaire, Bukowski ne fait pas de l'ivresse une métaphore de la création : pour lui boire est l'état habituel, « il n'y a jamais d'état second, c'est toujours un état premier ». Les poèmes (par exemple « l'amour est un chien de l'enfer ») sont des constats froids et détachés du quotidien, dans une géographie réduite (la piaule et le bar), sans images, sans pathos, sans jugement : l'alcool est une essence pour continuer à rouler, d'où une « horizontalité absolue sans aucune verticalité », sans mystique de l'amour, du sexe, de la politique ni de l'alcool, et sans « cuite » (à la française), seulement un plateau permanent et la gueule de bois. De temps en temps un détail jaillit (un sac de bières qui crève à quatre heures du matin), qui aggrave la situation au lieu de l'élever.

Contre la beat generation, pour Brahms. Bukowski méprise Burroughs, Genet, Ginsberg, leur célébrité, leur engagement politique et leur usage de la drogue comme élargissement de la conscience ; l'écrivain doit rester seul devant sa machine à écrire. Le romantisme, il le met dans la musique allemande classique (Brahms, Mahler, Wagner), non dans la description de sa vie ; il aime la solitude mais doit retourner au bar. Le poème « Comment devenir un grand écrivain » (bière, courses, femmes, machine à écrire, « Hemingway, Céline, Dostoïevski ») résume cette hygiène. Matthieussent l'oppose à Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry, où l'alcool est un moteur de délire organisé et de voyance, dont Clément Rosset tire une philosophie de l'ivrogne qui voit double et saisit l'insignifiance du réel ; chez Bukowski il n'y a ni voyance ni idée, tout est « sans arrière-monde ».

Se constituer un corps, rire de soi. Derrière le mépris de lui-même, Matthieussent voit un problème d'image de soi et une ambition : l'écriture comme moyen de se constituer un corps, une identité (Bukowski se dit laid, malade, détestable), tout en craignant d'être « bidon ». À Apostrophes, il raconte la vérité comme une jeune fille en minijupe, boit et se fait chasser du plateau : on ne peut pas parler de l'ivresse depuis la sobriété sans obscénité. Le dernier verre, dans « Le ragoût du septuagénaire », n'est jamais vraiment le dernier : la musique et la joie sur les talons, l'angoisse de la mort et de la postérité.

Excerpts

“« il n'ya jamais d'état second c'est toujours un état premier »”

“« le romantisme c'est dans la musique il le met dans la musique »”

“« une espèce d'horizontalité absolue sans aucune verticalité »”