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Podcasts/Rien ne veut rien dire/[Not Set]

[Not Set]

L'émission n'a pas d'invité. Raphaël Enthoven commente Le Premier Homme en dialogue avec sa coanimatrice Paola Raiman. Georges Claisse lit plusieurs extraits (l'oncle Ernest, les semelles, la chasse, le portrait de la grand-mère, la lampe à pétrole), et l'émission reprend des extraits sonores du film de Gianni Amelio.

Albert Camus – Le premier homme (2/2)

Rien ne veut rien dire · Nov 26, 2016 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de bonne qualité.

Core ideas

Cette seconde émission commence par la naissance de Jacques Cormery, que Raphaël Enthoven lit comme une nativité : l'enfant naît presque dans une étable, avec des initiales « J. C. », et un Arabe s'écrie que « le miracle s'est produit ». Il salue l'adaptation fidèle de Gianni Amelio, avec Jacques Gamblin et Denis Podalydès, et retient une scène : le père pleure de joie sous la pluie puis sursaute à un éclair. Le « premier homme » est celui qui assume la responsabilité de la naissance, éprouve la joie et reste perméable au tonnerre, mais aussi celui qui « s'empêche ». À la figure christique s'ajoute une figure adamique : la tendresse logée sous la pomme d'Adam de la mère, l'innocence de l'oncle Ernest, qui jouit de tout et ne dit presque rien. Enthoven relève l'usage étrange de l'imparfait, qui donne aux retrouvailles avec la mère une valeur universelle, et des phrases d'une longueur proustienne, signe d'un « Camus émergent » qu'on ne lira jamais.

Selon Enthoven, ce n'est pas un livre misérabiliste mais un livre de la pitié convertie en piété, qui décrit une misère sans envie ni ressentiment. L'épisode des semelles cloutées, qui empêchent l'enfant de jouer au football, est raconté sans plainte ni justification. Il voit l'Algérie comme un pays sans mémoire, où Camus lutte contre l'oubli non par la mémoire mais par la « résurrection du silence » ; la mémoire des pauvres a moins de repères, et « le temps perdu ne se retrouve que chez les riches ». Enthoven corrige une citation de Sartre (dans La Nausée, c'est le passé qui est « un luxe de propriétaire ») et oppose l'enfance bourgeoise de Sartre, qu'il juge snob envers Camus, à celle de Camus. Pour lui, la pauvreté est le troisième éducateur de Camus, après le football et le théâtre. Elle lui apprend le courage, comme dans la bagarre avec Munoz, menée « en serrant les fesses » et suivie de l'amertume du vainqueur, qu'Enthoven rapproche de Montaigne : aucune violence ne se vit sereinement.

La pauvreté se convertit aussi en « richesse présente ». Les enfants des rues d'Alger sont des seigneurs qui possèdent le monde parce qu'ils ne lui demandent rien. La préface de L'Envers et l'Endroit le confirme : la vraie misère est celle des banlieues froides, non celle qui vit sous le soleil. Enthoven y voit un épicurisme qui préserve Camus de l'idolâtrie de l'histoire. La grand-mère, Cassandre violente qui prédit l'échafaud, impose la sieste et s'emporte quand l'enfant n'arrive pas à lire les sous-titres au cinéma, se révèle aussi dans le rituel de la lampe à pétrole et dans un optimisme des Lumières : elle croit que le savoir mène à la vertu. Camus s'en détache et retient que le pain ne suffit pas, qu'il faut donner aussi la beauté. Enthoven termine en présentant le livre inachevé, « Sagrada Familia » de Camus, comme la meilleure porte d'entrée dans une œuvre dont la difficulté tient à la simplicité.

Excerpts

Raphaël Enthoven sur une misère sans ressentiment :

“c'est un livre de la conversion de la pitié empiéter c'est un livre sur une misère sans envie une misère sans rancoeur une misère sans ressentiment ça c'est une singularité très puissante de camus en particulier l époque où il écrit y'a pas de misérabilisme chez camus”

Raphaël Enthoven sur le silence et la mémoire :

“c'est un livre qui lutte contre l'oubli contre cette façon qu'ont les êtres de 200 se lire de disparaître d'être d'être dissous et dans le même temps c'est un livre qui m' remplace la mémoire par le silence ça c'est le grand paradoxe de camus”

Raphaël Enthoven sur les enfants seigneurs :

“ce sont des rois qui exerce le régime de leur royauté par l'amour et par l'humilité le monde et à eux pourquoi non pas parce qu'ils en sont possesseurs aux propriétaires mais parce qu'il ne lui demande rien”