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Bonnefoi, Documentaire de Stéphane

nom approximatif dans les sous-titres

Une Vie, une œuvre : Tristan Tzara, l'homo poeticus (1896-1963)

Rien ne veut rien dire · Apr 12, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ cinquante minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance, notamment sur les noms propres et dans les poèmes cités)

Core ideas

Dada, de Zurich à Paris : un destructeur qui construit. Dada naît en plusieurs lieux et plusieurs temps, officiellement en février 1916 au Cabaret Voltaire de Zurich, en réaction à la guerre. Hugo Ball s'étant vite détaché du mouvement, Tzara prend les rênes et le théorise, alors même qu'il refuse la notion d'école (le Manifeste dada 1918 énonce l'esprit dada : abolition de la logique, de la mémoire, de l'archéologie, du futur). Venu de Roumanie, où il fonde adolescent la revue Symbole avec Vinea et un peintre, polyglotte, nourri de symbolisme puis d'Apollinaire, il écrit dans une langue qu'il n'a pas à respecter comme un classique français, ce qui lui permet de la « dynamiter ». Le poème simultané en plusieurs langues, le bruitisme, l'intertexte du monde (les Vingt-cinq poèmes, 1918, tissage de bribes expressionnistes, futuristes, d'images de morcellement) traduisent une revendication internationaliste, anti-nationaliste, dans une guerre : le mouvement est aussi une affaire de réseau, car Tzara est un « imprésario » qui fait connaître Zurich à Paris, en Italie, en Espagne, et fait venir Paris à Zurich.

Les ruptures : Breton, le surréalisme, la politique. Arrivé à Paris en janvier 1920, Tzara est accueilli par Picabia et le groupe Littérature (Breton, Aragon, Soupault) ; Aragon évoque un « jeune japonais à binocles » à l'accent roumain, mais la première manifestation, la lecture du discours de Léon Daudet sur fond de grosses caisses, lance une série de soirées dada. Tout oppose Tzara à Breton : un charisme sans chef (« tout le monde est président ») contre un goût de l'ordre pyramidal, et l'écriture automatique, que Tzara juge relever de l'écriture simultanée dada. Rupture autour du congrès de Paris (1922), du procès Barrès (1921), de la soirée du Cœur à barbe (1923), puis période solitaire où il écrit L'Homme approximatif (commencé en 1925), qui rapproche à nouveau Breton de Tzara. Rentré dans le groupe en 1929-1930 (Second manifeste, Essai sur la situation de la poésie), il le quitte en 1935 pour des raisons politiques : il reproche aux surréalistes de faire de la poésie pour la poésie, alors que la poésie ne se pense pas sans une société future. Grains et issues (1935) est le témoin de cette rupture.

Engagement, silence et retour aux origines. Envoyé officiel en Espagne pendant la guerre civile, bouleversé par la mort de Garcia Lorca, il écrit Sur le chemin des étoiles de mer (1939), un cri sans explication ni mot d'ordre, car son engagement de citoyen n'engage pas sa poésie (contrairement à Aragon, qu'il respecte). Il ne publie presque rien pendant l'Occupation, caché dans le sud (dénoncé comme juif, communiste et étranger). Après la guerre, il se fait le porte-parole des intellectuels communistes contre le surréalisme (conférence de 1947), mais reste un communiste peu orthodoxe : invité à Budapest peu avant l'insurrection de 1956, il écrit un article contre la répression soviétique, que Le Monde et Le Figaro publient ; en 1960 il est mis à l'index après le Manifeste des 121. Sa poésie garde une part d'enfance (comptines absurdes) et, à la fin de sa vie, il consacre dix ans à Villon, cherchant des anagrammes et un « texte sous le texte », preuve que chez lui déconstruire et construire vont ensemble.

Excerpts

“« déconstruire et construire c'est en un seul mouvement »”

“« l'obscurité c'est la pure lumière »”

“« il a toujours contesté le droit d'être un chef lui-même »”