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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Salanskis, Emmanuel

Salanskis, Emmanuel

jeune philosophe, attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'université de Reims

Respiration Nietzsche (3/5) : Pour une généalogie de la morale

Rien ne veut rien dire · Mar 24, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ vingt-neuf minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec de nombreuses erreurs de reconnaissance ; plusieurs phrases sont tronquées)

Core ideas

Protéger les forts contre les faibles. Salanskis explique le paradoxe de la première dissertation de la Généalogie de la morale : « il faut protéger les forts contre les faibles », parce que les faibles sont plus intelligents. Les forts décharges leurs pulsions dans l'action, selon la volonté de puissance, avec une « sûreté d'instinct » ; l'intelligence et la spiritualité ont été inventées par les impuissants, que Nietzsche étudie comme des conditions de vie, quasi physiologiques. Il rapproche ce passage du Crépuscule des idoles sur le « socratisme » (raison = vertu = bonheur), qui signe la décadence d'aristocrates athéniens battus par la dialectique, et rappelle : « ce qui a besoin d'être prouvé ne vaut pas grand-chose ». Il évoque la « moralité des mœurs », époque préhistorique où l'individu n'a pas émergé, dont Socrate marque la rupture, mal nécessaire qui prépare la spiritualisation.

La volonté de puissance et le sujet. Elle n'est ni une volonté de pouvoir ni une volonté-substance : l'hypothèse vise à déconstruire le schéma grammatical sujet-verbe-objet. Le § 13 (lu à l'antenne) compare agneaux et oiseaux de proie : exiger de la force qu'elle ne se manifeste pas comme force est aussi absurde que d'exiger de la faiblesse qu'elle se manifeste comme force ; il n'y a pas de substrat neutre derrière l'action : « l'action est tout ». La notion de responsabilité est l'invention des faibles, qui se font passer pour bons parce que faibles, et font de l'aigle un méchant ; c'est un mensonge, mais le faible inaugure la spiritualité et la culture, spiritualisation de la cruauté. Nietzsche ne propose pas de revenir à la « bête blonde » : il demande de dépasser l'agneau, qui cuve sa haine, et de retrouver, à l'intérieur de la spiritualité acquise, les vertus de la force.

Le philosophe-médecin, la souffrance, la démocratie. Nietzsche se pose en « philosophe médecin » : le marteau du Crépuscule est aussi celui de la percussion, auscultation. Il juge les valeurs d'après la puissance et la santé, à partir de sa propre maladie guérie (Ecce homo). La « culture de la grande souffrance » (Par-delà bien et mal, § 225) n'est pas un dolorisme chrétien : sans résistance il n'y a pas de dépassement, d'où le refus du confort du « dernier homme » ; « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». Il est un penseur aristocratique, hostile à l'ascétisme du ressentiment qui se cache dans le socialisme ; le pathos de la distance suppose, au moins au début, une distinction sociale et politique.

Excerpts

“« il faut protéger les forts contre les faibles »”

“« ce qui a besoin d'être prouvé ne vaut pas grand chose »”

“« l'action est tout »”