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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Terestchenko, Michel

Terestchenko, Michel

le président de la Société Søren Kierkegaard (nom brouillé dans les sous-titres), auteur de Le chant du veilleur (éd. L'Orante) et éditeur des Journaux et cahiers de notes ; en fin d'émission, Michel Terestchenko (préface de l'édition de Milgram, Expérience sur l'obéissance et la désobéissance à l'autorité, éd. Zones), interrogé par François Noudelmann

Devenir soi avec Kierkegaard (3/4) : Le chevalier de la foi

Rien ne veut rien dire · Mar 23, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full (environ quarante-cinq minutes ; sous-titres YouTube automatiques sans ponctuation, avec des erreurs de reconnaissance ; les extraits de film et de chanson sont sans intérêt pour l'argument)

Core ideas

Angoisse et désespoir. À partir du film Melancholia (Justine, mariée mais envahie par la mélancolie), l'invité souligne que le mariage (acte clé du stade éthique) ne suffit pas à guérir un désespoir présent en chacun. Kierkegaard n'a pas réussi son propre mariage (rupture avec Régine Olsen) mais a écrit avec une grande empathie psychologique sur lui. Il distingue l'angoisse (Le Concept d'angoisse, 1844 : vertige devant les possibles et la liberté, qui n'a pas de théologie, avec huit pages finales sur « la foi sauvant de l'angoisse ») et le désespoir (La Maladie à la mort, 1849, pseudonyme Anti-Climacus : la maladie qui ne mène pas à la mort, car le désespéré veut mourir et ne peut pas, l'esprit étant l'étincelle divine). Il faut « vivre l'angoisse jusqu'au bout, l'accepter » : elle ne disparaît pas, elle redevient pure possibilité. Trois formes de désespoir : ignorer qu'on est esprit ; ne pas vouloir être soi ; vouloir être soi sans y parvenir. L'identification du désespoir et du péché est religieuse : le contraire du péché n'est pas la vertu mais la foi.

Le chevalier de la foi. Crainte et tremblement (pseudonyme Johannes de Silentio) décrit un chevalier de la foi qui vit en petit bourgeois et accomplit un double mouvement : la résignation infinie (renoncer à ce qu'on a de plus cher par ses propres forces, découvrant sa validité éternelle), puis le mouvement de la foi « en vertu de l'absurde » : contre la logique du possible et de l'impossible, croire qu'on récupérera ce à quoi on a renoncé. Johannes dit ne pas en être capable ; Kierkegaard le rapporte à Régine (« si j'avais eu la foi, on m'aurait rendu Régine »). Abraham (Genèse 22 lue à l'antenne) est la figure de la foi, justifiée par la foi et non par les œuvres (Paul, Luther). Passer de l'éthique au religieux ne relève pas des seules forces du sujet (différence Socrate/Christ : l'aide vient de l'extérieur), et ce passage n'est pas automatique ; les « stades » ne sont pas un schéma rigide. Un extrait de Ou bien… ou bien évoque « la joie indescriptible ».

Chronique : Milgram. Terestchenko présente l'expérience de Milgram (Yale, 1961-62, quelque mille participants, dix-huit variantes), contemporaine du procès Eichmann, qui montre une « vulnérabilité situationnelle » : l'homme ordinaire n'est ni naturellement bon ni méchant, et sa prétendue autonomie morale s'effondre dans des situations de contrainte. La leçon est politique plus que morale : il faut surveiller les institutions hiérarchiques perverses, tout en maintenant la fiction nécessaire de la responsabilité.

Excerpts

“« il faut vivre l'angoisse jusqu'au bout l'accepter »”

“« le contraire du péché ce n'est pas la vertu c'est la foi »”

“« le désespoir c'est la désespérance de ne pouvoir même mourir »”