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Podcasts/Rien ne veut rien dire/Mesnard, Jean & Le Guern, Michel & d'Espagnat, Bernard & Pessel, André & Thirouin, Laurent

Mesnard, Jean & Le Guern, Michel & d'Espagnat, Bernard & Pessel, André & Thirouin, Laurent

Mesnard, Jean: universitaire, éditeur des œuvres complètes de Pascal

Le Guern, Michel: universitaire, éditeur de Pascal dans la Pléiade

d'Espagnat, Bernard: physicien, auteur du Réel voilé

Pessel, André: professeur de philosophie au lycée Louis-le-Grand

Thirouin, Laurent: universitaire, auteur d'un travail sur le hasard et les règles chez Pascal

La productrice, dont le nom est mal restitué, pose les questions ; des extraits des Pensées, du Mémorial et de l'argument du pari sont lus par Philippe Mercier.

BLAISE PASCAL (1623-1662) ou la raison désabusée – Une vie, une œuvre [1992]

Rien ne veut rien dire · Jun 30, 2017 · partial coverage

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Coverage note: full - transcription automatique de qualité moyenne.

Core ideas

L'émission part d'un paradoxe : comment l'apologiste qui dénonce les abus du savoir reste-t-il fidèle à la géométrie et à la physique ? Jean Mesnard retrace la vocation scientifique précoce, qui détourne le jeune Pascal du programme humaniste de son père : à seize ans, un essai sur les coniques plus général que celui de Desargues, puis la machine arithmétique inventée pour aider son père dans le calcul des impôts. À Rouen, en 1646, la rencontre de la spiritualité de Port-Royal ne crée pas selon Mesnard de contradiction avec la science, sauf sur le plan existentiel de la gloire contre l'humilité. Pascal poursuit des recherches sur le vide après Torricelli, jusqu'à l'expérience du Puy de Dôme en 1648. Bernard d'Espagnat se reconnaît dans cet « amateur » qui travaille par contacts : avec Fermat sur le problème des partis posé par le chevalier de Méré, à l'origine du calcul des probabilités, puis sur la cycloïde, résolue par des méthodes qui sont déjà celles du calcul intégral. D'Espagnat voit dans la mécanique quantique une confirmation partielle de l'intuition pascalienne des limites de la science : tout marche tant qu'on ne prétend pas décrire l'être.

Après le Mémorial de 1654, Mesnard décrit une coupure : les traités scientifiques restent imprimés mais non diffusés. Pascal ne revient à la cycloïde qu'à l'occasion d'une rage de dents, sous le pseudonyme d'Amos Dettonville, anagramme de Louis de Montalte, auteur des Provinciales. Michel Le Guern montre que c'est la raison qui démontre qu'il faut faire confiance à la foi. Le péché originel est incompréhensible, mais aucune autre explication ne rend compte des contradictions humaines. Il évoque aussi le rapport à Jacqueline et la solitude qui prépare la seconde conversion. André Pessel décrit un sujet « déplacé » sur les plans théologique, cosmologique et anthropologique, pensé comme un lieu plutôt que comme une identité : un moi sans qualités assignables, un automate, une vérité qui loge en lui sans qu'il la maîtrise.

Laurent Thirouin lit la politique de Pascal à partir du jeu : des règles arbitraires, comme le droit d'aînesse, mais d'une autorité absolue. Il expose la gradation du peuple, des demi-habiles, des habiles, des dévots et des vrais chrétiens qui honorent les riches en sachant cet honneur vain, et la justice qu'il faut rendre forte faute de pouvoir rendre la force juste. Pour lui, le pari applique la règle des partis à un jeu où l'on est déjà embarqué. La question est de savoir si l'on retire sa mise, et l'argument est mis en scène comme inefficace : l'incroyance tient aux passions, non à la raison. Mesnard conclut sur les trois ordres de la lettre à Fermat (géométrie, honnêteté, charité) : la science est autonome, comme le montre le mot des Provinciales sur Galilée, mais limitée, et ne peut fonder aucune valeur.

Excerpts

Bernard d'Espagnat sur les limites de la science :

“je pense que pascal avait effectivement une vue ou une prémonition assez juste de la grandeur et délimite la science [...] la mécanique quantique par exemple nous montre peut effectivement tout marche très très bien tant qu'on n'essaie pas de faire de ça une ontologie une description de l'être”

Michel Le Guern sur la raison et la foi :

“pour pascal c'est la raison elle-même qui démontre et permet de démontrer qu'il faut faire confiance à la fois [...] ce n'est pas un rationalisme certainement mais c'est l'activité même de la raison qui conduit à accepter la certitude de fois”

Laurent Thirouin sur le pari :

“l'homme est pris dans un jeu à sa naissance il s'agit de savoir pour lui est-ce qu'il va récupérer cette musique [...] donc on ne lui demande pas de savoir s'il veut ou non participer à ce jeu on lui demande s'il veut se retirer du jeu ou non”